Le Mexique profite de la faiblesse des coûts de financement en euros

Le pays a émis 1,5 milliard d’euros à 100 ans en concédant un rendement de 4,2%, inférieur à celui des précédentes émissions en dollars et livres.
Patrick Aussannaire

La faiblesse des coûts de financement consécutive au lancement du programme de rachats de titres de la BCE fait les affaires du Mexique. Le pays, qui bénéficie d’une note solidement ancrée en catégorie investissement, à «BBB+» chez Fitch et S&P et «A3» chez Moody’s, a émis la semaine dernière 1,5 milliard d’euros sur une maturité de 100 ans (échéance en mars 2115) en concédant un rendement de seulement 4,2%.

Un niveau inférieur d’environ 30 pb à sa cible initiale du fait d’une forte demande des investisseurs. Il s’agit de la deuxième émission mexicaine en monnaie unique cette année, après celle de 2,5 milliards réalisée en février à 9 ans et 30 ans à des rendements de 1,69% et 3,09%, soit des niveaux de spread de respectivement 110 et 190 pb au-dessus du taux de référence mid-swap.

Le Mexique est certes un habitué des émissions souveraines à maturités très longues avec cinq emprunts à 100 ans réalisées depuis 2010 dans trois devises différentes (euro, dollar et livre sterling) pour un montant total de 2,7 milliards de dollars. Le taux consenti lors de cette ultime opération est néanmoins inférieur à celui de 6,1% sur la ligne 100 ans en dollars émise en 2010 et à celui de 5,3% sur l’émission en livres de l’an dernier. Sur le marché secondaire, ces deux obligations se sont bien comportées avec des rendements identiques de 5,3%. «Le Mexique a saisi une belle opportunité de verrouiller des financements à très long terme à des taux bien inférieurs à ceux consentis en livre et dollar», estime Richard Segal, responsable de la stratégie émergents chez Jefferies.

«Avec une part de 75% de la dette extérieure des pays émergents actuellement libellée en dollars, un processus de diversification des devises de financement permettrait de réduire la sensibilité des marchés locaux au renforcement du dollar», explique UBS. Or, la proximité du Mexique avec les Etats-Unis l’expose particulièrement au début du cycle de normalisation monétaire de la Fed.

Le peso a affiché la plus mauvaise performance des devises émergentes la semaine dernière en chutant de 2% contre dollar et n’est plus qu’à 3% de son plus bas historique. Il a cédé 18% depuis juin 2014, avec des positions spéculatives des hedge funds qui restent vendeuses depuis, selon SG CIB. Les marchés prévoient une première hausse des taux directeurs à horizon six mois, juste après celle de la Fed.

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