Le Mexique profite de la faiblesse des coûts de financement en euros
La faiblesse des coûts de financement consécutive au lancement du programme de rachats de titres de la BCE fait les affaires du Mexique. Le pays, qui bénéficie d’une note solidement ancrée en catégorie investissement, à «BBB+» chez Fitch et S&P et «A3» chez Moody’s, a émis la semaine dernière 1,5 milliard d’euros sur une maturité de 100 ans (échéance en mars 2115) en concédant un rendement de seulement 4,2%.
Un niveau inférieur d’environ 30 pb à sa cible initiale du fait d’une forte demande des investisseurs. Il s’agit de la deuxième émission mexicaine en monnaie unique cette année, après celle de 2,5 milliards réalisée en février à 9 ans et 30 ans à des rendements de 1,69% et 3,09%, soit des niveaux de spread de respectivement 110 et 190 pb au-dessus du taux de référence mid-swap.
Le Mexique est certes un habitué des émissions souveraines à maturités très longues avec cinq emprunts à 100 ans réalisées depuis 2010 dans trois devises différentes (euro, dollar et livre sterling) pour un montant total de 2,7 milliards de dollars. Le taux consenti lors de cette ultime opération est néanmoins inférieur à celui de 6,1% sur la ligne 100 ans en dollars émise en 2010 et à celui de 5,3% sur l’émission en livres de l’an dernier. Sur le marché secondaire, ces deux obligations se sont bien comportées avec des rendements identiques de 5,3%. «Le Mexique a saisi une belle opportunité de verrouiller des financements à très long terme à des taux bien inférieurs à ceux consentis en livre et dollar», estime Richard Segal, responsable de la stratégie émergents chez Jefferies.
«Avec une part de 75% de la dette extérieure des pays émergents actuellement libellée en dollars, un processus de diversification des devises de financement permettrait de réduire la sensibilité des marchés locaux au renforcement du dollar», explique UBS. Or, la proximité du Mexique avec les Etats-Unis l’expose particulièrement au début du cycle de normalisation monétaire de la Fed.
Le peso a affiché la plus mauvaise performance des devises émergentes la semaine dernière en chutant de 2% contre dollar et n’est plus qu’à 3% de son plus bas historique. Il a cédé 18% depuis juin 2014, avec des positions spéculatives des hedge funds qui restent vendeuses depuis, selon SG CIB. Les marchés prévoient une première hausse des taux directeurs à horizon six mois, juste après celle de la Fed.
Plus d'articles du même thème
-
«Le positionnement neutre nous permet de naviguer dans l’incertitude actuelle tout en restant exposés à la volatilité»
Findlay Franklin, gérant crédit multi-actifs chez RBC BlueBay -
« Le rebond récent paraît fragile »
Pierre-Alexis Dumont, Directeur des Investissements de Sycomore AM -
Le blocage d’Ormuz est chaque jour plus problématique
Plus le blocus du détroit d’Ormuz sera long, plus il sera difficile de normaliser la situation sur les marchés de l’énergie. Les mesures de compensation du déficit d’offre du Moyen-Orient vont s’épuiser. Avec un risque de pénurie et la nécessité que le détroit ouvre rapidement. -
Céline Dion pourrait apporter un léger coup de pouce à la croissance française
La star québécoise donnera 16 concerts devant 480.000 spectateurs à La Défense Arena cet automne. L’exclusivité mondiale de ces shows pourrait attirer de nombreux visiteurs étrangers à Paris et ajouter jusqu'à un milliard d'euros d'activités à l'économie française. -
La justice américaine abandonne les poursuites contre Jerome Powell
Cette décision devrait ouvrir la voie à la nomination de Kevin Warsh en tant que prochain président de la banque centrale américaine. -
Argan verdit son financement
La foncière cotée a émis une obligation de 500 millions d’euros assortie d’un coupon proche de 3,8 % et conforme à son tout nouveau cadre de financement vert.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
- Amundi attribue une rémunération de 2,67 millions d’euros à Valérie Baudson pour 2025
- Axiom AI doit parer aux aléas de toute fusion
Contenu de nos partenaires
-
En cas de poursuite du blocus américain, l'Iran menace d'une riposte
Plus tôt, samedi 25 avril, le porte-parole du ministère iranien de la Défense a estimé que les Etats-Unis « cherchent un moyen de sauver la face pour sortir du bourbier de la guerre dans lequel il s’est enlisé ». Et ce alors qu’une possible reprise des pourparlers entre les deux parties se profile -
Carburant : Macron se veut rassurant sur l’absence de pénurie en France
« Je crois pouvoir vous dire à ce stade que la situation est contrôlée », a indiqué le président de la République, appelant à éviter la panique sur le sujet -
Mali : des combats entre l'armée et des « groupes terroristes » à Bamako et dans plusieurs villes
Samedi 25 avril, des combats ont lieu dans la capitale du pays, Bamako, ainsi que dans plusieurs villes (Kidal, Gao, Sévaré), entre des soldats et des « groupes terroristes non encore identifiés ». La situation serait « sous contrôle », selon les Forces armées maliennes