Le Medef s’inquiète des impacts de la crise du subprime
Le comité des finances du patronat relève notamment le risque de raréfaction du crédit et l’impact de la volatilité des monnaies
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Erick Jarjat
Au Medef comme ailleurs, la crise financière inquiète. « Alors qu’il est plus que jamais nécessaire de pousser les feux de la croissance, nous sommes confrontés à une nouvelle crise financière, inédite par certains côtés », a déclaré hier Gérard de La Martinière, président du comité des finances du Medef.
Dans cette crise dont on ne voit pas la fin, le Medef s’inquiète d’une tendance perceptible au renchérissement du coût du crédit qui pourrait avoir un impact significatif sur la consommation. « Le risque existe d’une raréfaction du crédit mais ce n’est pas ce que nous observons actuellement », a remarqué Gérard de La Martinière. Tout dépendra bien entendu de l’ampleur des impacts véritables de la crise et des délais de résorption.
La crise, qui a mis en évidence le phénomène de contagion « extrêmement rapide » entre les Etats-Unis et l’Europe, pose également un certain nombre d’interrogations, entre autres : l’efficacité des systèmes de notation, par exemple, l’évaluation des financements structurés, l’adaptation des systèmes de régulation, au moins outre-Atlantique où les produits subprime ont été développés par des organismes non régulés par la tutelle bancaire, ou encore l’adéquation des standards comptables qui se réfèrent de façon systématique à la valeur de marché. Sur ce dernier point, Gérard de La Martinière a relevé « la rapidité d’évolution du paysage comptable », avec très récemment la reconnaissance des normes IFRS aux Etats-Unis. Dans ce contexte, « l’Europe doit s’efforcer de mettre en place un processus d’intervention auprès de l’IASB qui lui permette de peser le plus en amont possible et de façon intelligente sur les conditions de fabrication des standards », a estimé Gérard de La Martinière.
Le patronat s’intéresse aussi de très près au contexte des changes. Outre le phénomène de l’euro fort, la volatilité des monnaies pourrait avoir un impact durable sur la stratégie de développement des entreprises. Le Medef et son pendant européen, Business Europe, ont bien l’intention d’interpeller les responsables politiques sur cette thématique.
Sur le chapitre des fonds souverains, le Medef estime que les entreprises auront besoin de plus de transparence. « L’accueil des fonds dans nos économies serait facilité si leur discours permettait d’éclairer les responsables d’entreprises », a indiqué Gérard de La Martinière. « Qui dit accueil suppose une certaine dose de réciprocité », a-t-il ajouté.
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