Le marché réserve un accueil en demi-teinte à l’IPO de Oaktree Capital Management

Le gestionnaire américain va récolter 380 millions de dollars, 27% de moins qu’initialement envisagé
Benoît Menou

Voilà une nouvelle qui n’a pas de quoi tout à fait rassurer les organisateurs des opérations d’introductions en Bourse actuellement en préparation, comme plus particulièrement celle imminente de la société américaine de private equity Carlyle (lire page 12). Hier soir en effet, les investisseurs ont laissé paraître un appétit modéré pour les titres du gestionnaire d’actifs Oaktree Capital Management mis en vente. Certes, le groupe va bel et bien faire son entrée aujourd’hui même sur la Bourse de New York. Mais il a du consentir des sacrifices pour concrétiser l’opération, à savoir un abaissement tant du nombre de titres écoulés que du prix unitaire. Ce dernier a été fixé au plus bas de la fourchette indicative de 43 à 46 dollars. En outre, l’IPO concerne finalement 8,84 millions d’actions et non plus 11,3 millions comme envisagé initialement. Au total, Oaktree récolte donc 380 millions de dollars, 27% de moins que le plafond espéré. 6% du capital seulement seront négociable en Bourse.

Le prix de cession des titres valorise le groupe de gestion californien à 6,5 milliards de dollars. Oaktree, sur les conseils en premier lieu de Goldman Sachs et de Morgan Stanley, a tenu à franchir le pas de la cotation alors que le climat macroéconomique et boursier invite à la prudence. Cette nuit encore, le spécialiste américain de l’énergie solaire BrightSource Energy a renoncé à son IPO, faisant état de conditions de marché défavorables. Pis encore directement pour Oaktree, Reuters, citant une source au sein d’une banque organisatrice, croit savoir que l’IPO d’Aleris, grâce à laquelle le spécialiste de l’aluminium espérait lever plus de 500 millions de dollars, est retardée. Aleris est en majorité (59,7%) détenu par Oaktree, aux côtés d’Apollo Global Management.

Oaktree, dont le montant des actifs sous gestion d’élève tout de même à 75 milliards de dollars en fin d’année dernière, réalise la première introduction en Bourse outre-Atlantique dans le secteur de la gestion alternative depuis celle d’Apollo en mars 2011, ce qui ne facilite pas la besogne de valorisation des analystes au regard des tempêtes qui se sont depuis abattues sur les marchés financiers. La réponse des investisseurs à l’offre d’Oaktree laisse voir leur prudence, particulièrement pour le secteur du private equity ou de la gestion d’actifs plus généralement.

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