Le marché primaire «high yield» est à l’arrêt en Europe
La fin annoncée du QE3 de la Fed et la perspective d’une remontée des taux ont jeté un coup de froid sur les émissions de dette à haut rendement
Publié le
Krystèle Tachdjian
Les spécialistes des marchés obligataires ont trouvé un nouveau surnom pour Ben Bernanke, le président de la Fed : «Mister Freeze». Au niveau mondial, selon Dealogic le volume d’émission obligataire toutes notations confondues s’est chiffré à 66,7 milliards de dollars la semaine dernière, soit la troisième plus mauvaise performance hebdomadaire depuis le début de l’année. En Europe, depuis une semaine, les émetteurs de dettes toutes notations confondues sont en «stand by» en raison de la fin annoncée du programme «QE3» de la Réserve fédérale américaine et dans la perspective d’une future remontée des taux.
«Le marché primaire high yield est à l’arrêt depuis dix jours. La semaine dernière, le groupe grec Intralot, fournisseur de systèmes de loterie après avoir réalisé ses roadshows a même dû renoncer à lancer son émission obligataire», explique Raphaël Chemla, responsable adjoint du pôle gestion dettes d’entreprises chez Edmond de Rothschild Asset Management.
Alors que plane la menace d’un krach obligataire, les investisseurs craignent un vaste mouvement de retraits comme aux Etats-Unis où près de 8 milliards de dollars de capitaux ont été sortis de la classe d’actifs high yield depuis un mois, selon JPMorgan.
Mais pour l’instant, contrairement à ce qui s’est passé aux Etats-Unis, il n’y a pas eu d’énormes sorties de capitaux sur la dette high yield sur le marché européen. La semaine dernière, on comptait 250 millions d’euros de flux négatifs sur ce compartiment en Europe soit 840 millions d’euros au total sur les quatre dernières semaines, selon JPMorgan.
«Cela représente 4% du marché, ce qui reste assez peu significatif. Les flux négatifs sont essentiellement le fait d’investisseurs «touristes» qui rentrent et qui sortent de la classe d’actifs pour spéculer à court terme», précise Raphaël Chemla.
Dans ce contexte, les entreprises «investment grade» de qualité ont tendance à émettre sur des maturités supérieures à 10 ans, pour repousser le plus loin possible le niveau de leur endettement avec des niveaux de spreads encore élevés. Depuis dix jours, il y a eu une forte remontée des spreads de l’indice Crossover qui se chiffre actuellement à environ 525 points de base.
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