Le marché primaire du crédit s’assagira en 2010 après une année record
Les faibles besoins de financement des entreprises et les moindres flux d’investissement vers le crédit limiteront les volumes
Publié le
Violaine Le Gall
Après l’euphorie de 2009, le marché primaire du crédit fera incontestablement pâle figure l’an prochain. Depuis janvier dernier, 240 milliards d’euros d’obligations non financières ont été placées sur le marché en euro d’après la Société Générale. Ce volume record, supérieur de 20% au précédent sommet de 2001, s’explique par des conditions exceptionnelles sur le marché du crédit. Dans un contexte de taux bas, le crédit a offert des rendements particulièrement attractifs. Les entreprises ont davantage fait appel au marché pour se refinancer, les lignes bancaires étant devenues plus difficiles à obtenir.
«En 2009, les entreprises ont souhaité diversifier leurs sources de financement. Elles ont donc fait davantage appel aux marchés, et moins utilisé les lignes bancaires», estime Muriel Caton, responsable des marchés de dettes chez RBS à Paris.
En 2010, «ce rééquilibrage devrait se poursuivre», ajoute-t-elle. Pour les stratégistes crédit de Société Générale, le ratio entre les prêts bancaires et les obligations dans le financement des entreprises pourrait passer du traditionnel 80/20 à 65/35. Par ailleurs, «tant qu’il n’y aura pas de crainte de hausse de taux, les conditions sur le marché du crédit seront favorables», anticipe Muriel Caton. Les émetteurs continueront de vouloir profiter de cette fenêtre exceptionnelle et les investisseurs, à la recherche de rendement, se positionneront toujours sur le crédit.»
Toutefois, dès les premiers signes d’inquiétude, le marché devrait se fermer aux émetteurs jugés les plus risqués. Par ailleurs, les faibles besoins des entreprises en termes d’investissements ou d’acquisitions ne soutiendront pas le marché primaire l’an prochain. Les remboursements de titres, plus faibles qu’en 2009, ne stimuleront pas non plus l’activité. Enfin, les flux d’investissement vers la classe d’actifs devraient baisser.
Au total, «le volume d’émissions non financières en euro en 2010 pourrait représenter la moitié de celui de 2009», anticipe Muriel Caton. Les stratégistes de Société Générale sont un peu plus optimistes. Ils tablent sur un volume en baisse de 30% par rapport à 2009, à 180 milliards d’euros, pour les obligations non financières de la catégorie investment grade. L’activité serait ainsi supérieure à la moyenne annuelle de la dernière décennie. L’automobile et les utilities seraient les premiers utilisateurs du marché du crédit.
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