Le marché primaire du crédit corporate réussit sa rentrée
Les émetteurs peuvent compter sur le marché obligataire pour se financer. La semaine dernière, ils sont parvenus à vendre pas moins de 11 milliards d’euros d’obligations sur le marché primaire. Un montant hebdomadaire comparable à ceux observés au premier trimestre, lorsque les investisseurs avaient délaissé les actifs risqués pour le crédit, alors hautement rémunérateur. Depuis, les spreads sur le marché du crédit se sont fortement détendus. L’indice iBoxx est passé de 400 points de base en début d’année à 200 pb environ.
La demande reste pourtant gigantesque. Areva a obtenu plus de 16 milliards d’euros d’ordres pour son émission inaugurale de 2,25 milliards d’euros en deux tranches. Malgré le rebond du marché actions, les investisseurs craignent encore de revenir sur des actifs risqués et privilégient le crédit, plus rémunérateur que les obligations d’Etat.
L’offre de titres, d’un autre côté, est de plus en plus diversifiée. Les groupes notés « BBB » gagnent du terrain. Alstom a ainsi levé 500 millions d’euros d’obligations récemment. Les émetteurs high yield confirment aussi leur retour timide. Fiat vient par exemple d’obtenir 1,25 milliard d’euros en offrant un rendement de 7,75 %.
La majeure partie des emprunts se fait sur une maturité de cinq ans. Toutefois, quelques émetteurs ont réussi à placer des titres de maturité longue, à l’image d’EDF (15 ans) ou de Wal-Mart (20 ans).
En termes de secteur, les utilities ne sont plus les seuls émetteurs à séduire les investisseurs. Ainsi, outre Fiat, deux autres groupes automobiles, BMW et Honda, sont venus sur le marché la semaine dernière. « Les émissions d’utilities ralentiront et celles des groupes industriels contribueront pour une proportion plus large à l’activité », anticipent les analystes de Société Générale. Par ailleurs, Christian Dior lancera aujourd’hui une émission inaugurale d’emprunt obligataire.
Pour 2009, Société Générale attend 275 milliards d’euros d’émissions non financières, voire 300 milliards, sachant que 220 milliards d’euros ont déjà été placés. Le volume sera donc bien supérieur au précédent record de 200 milliards d’euros placés en 2001.
De fait, les groupes utilisent le marché non seulement pour refinancer des lignes existantes mais aussi pour remplacer des prêts bancaires. Si les opérations de croissance externe reprennent, ils pourraient aussi refinancer la dette d’acquisition sur le marché.
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