Le marché primaire de la titrisation se relance dans des conditions difficiles

Si Volkswagen a émis le premier ABS de crédit auto de l’année pour 1,25 milliard d’euros, aucune opération n’est venue enrichir le pipeline
Tân Le Quang

La réduction drastique de 75 points de base (pb) des Fed funds faite dans l’urgence le 22 janvier n’a pas rassuré les acteurs de la titrisation. Au contraire. Le marché des produits structurés, de plus en plus perturbé par les dégradations des notations des titres garantis par les assureurs monoline, n’a pas échappé la semaine dernière au vif regain de volatilité. Ainsi, l’incertitude et le manque de visibilité, dont souffre l’industrie depuis ces six derniers mois, se sont épaissis, empêchant une stabilisation des marges. Aux yeux des analystes d’UniCredit MIB, « la réduction des taux de la Fed, ne réduit pas la pression en termes de dépréciations d’actifs ou de pertes mark-to-market sur le marché du crédit, notamment dans l’industrie des financements structurés ». Le geste de la Fed ne permettra pas selon les experts de stopper les mauvaises nouvelles qui pourraient venir encore des secteurs, bancaire, des titrisations, et des subprimes américains. En réaction au contexte actuel, les marges se sont écartées de 5 à 7 pb sur les tranches AAA de titres adossés à des crédits hypothécaires résidentiels (RMBS) britanniques et néerlandais. Les tranches BBB britanniques et espagnoles se sont, elles, élargies de 20 à 30 pb.

En dépit du pessimisme ambiant qui pèse sur le marché secondaire, le primaire, lui, a donné un signe de vie. De fait, le groupe Volkswagen a inauguré la première transaction de l’année en plaçant publiquement auprès du marché Driver Five, un ABS de crédit auto de 1,25 milliard d’euros originé par sa banque, Volkswagen Bank Gmbh. Sa filiale Volkswagen Leasing Gmbh avait déjà lancé en novembre VCL 10, un ABS de crédit auto de 970 millions d’euros, qui fut d’ailleurs la seconde titrisation offerte publiquement au marché depuis l'éclatement de la crise. Driver Five a été très bien accueilli par les investisseurs en dépit des conditions de marché peu avantageuses. Selon JPMorgan, le constructeur automobile a émis les tranches AAA et A avec respectivement des marges de 58 et 140 pb, contre 6 et 18 pb pour celles de son précédent programme, Driver Four, placé en avril 2007. Pour l’instant, Volkswagen n’a pas encore réussi à insuffler une nouvelle dynamique au marché. Le pipeline n’a été étoffé d’aucune transaction ces derniers jours et stagne à 8 milliards d’euros.

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