Le marché obligataire finance de plus en plus d’ETI allemandes
Début février, la Banque centrale européenne avait souligné que l’Allemagne était le seul pays de la zone euro à ne pas subir un durcissement des conditions sur le crédit bancaire dans son enquête trimestrielle. Même si le robinet du crédit reste plus ouvert qu’ailleurs, les entreprises non financières du pays se sont bel et bien lancées dans le mouvement de désintermédiation observé depuis 2008, notamment en France. 248 sociétés germaniques sont venues emprunter sur le marché obligataire en 2011, contre 138 en 2010 et 65 seulement en 2008, d’après Dealogic.
Cette montée en puissance ne se retrouve toutefois pas dans les volumes émis, près de deux tiers des émissions ayant porté sur moins de 100 millions d’euros. L’an dernier, 41 milliards d’euros ont été placés sur le marché primaire obligataire allemand, après 38 milliards d’euros en 2010. Le marché reste donc dominé par une dizaine de très grands émetteurs. Chaque année depuis 2007, les cinq premiers d’entre eux sont à l’origine de plus de la moitié des volumes émis, souligne l’agence de notation Moody’s dans un rapport publié hier.
«Nous nous attendons à ce que le flux d'émissions obligataires allemandes se poursuive à court terme, soutenu par le durcissement des conditions de prêts bancaires et l’arrivée à maturité de lignes de dettes», expliquent les spécialistes de Moody’s. Entre 2012 et 2014, environ 38 milliards d’euros d’obligations arriveront à échéance, ce à quoi s’ajoutent les prêts bancaires qui devront être refinancés.
Depuis le début de l’année, outre les émetteurs récurrents comme BMW et Volkswagen, Schaeffler a sollicité les investisseurs à hauteur de 2 milliards d’euros, Franz Haniel pour 400 millions d’euros et Fresenius Medical Care pour 1,8 milliard de dollars. L’accès des entreprises de taille intermédiaire (ETI) au marché obligataire risque toutefois d'être freiné par leur qualité de crédit, alors que les grands émetteurs allemands, de la catégorie A, feront toujours office de valeurs refuge.
«Nous pensons que le marché du high yield allemand restera difficile et dépendra de la demande fluctuante des investisseurs en 2012», prévient Moody’s. Tant que la crise de la dette souveraine européenne en zone euro n’est pas résolue, les fenêtres d’opportunité pourraient se refermer par intermittence.
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