Le marché obligataire en yuans attire les émetteurs internationaux
Tous les émetteurs obligataires ont les yeux rivés sur la Chine. Depuis le printemps dernier, les entreprises étrangères peuvent en effet vendre des obligations en yuans sur le marché de Hong Kong. Fin août, le premier groupe à tester cette nouvelle possibilité, McDonald’s, a placé 200 millions de yuans (29 millions de dollars) d’obligations à trois ans. Caterpillar l’a suivi en novembre dernier avec une émission d’un milliard de yuans à deux ans. Enfin la banque russe VTB a émis vendredi dernier un milliard de yuans d’obligations à trois ans pour un rendement de 2,95 %, un niveau bien inférieur à celui de ses dernières émissions en roubles et en dollars.
«L’intérêt de nos clients internationaux est considérable. Les trésoreries et les bureaux de représentation d’entreprises à Hong Kong s’intéressent de près à ce nouveau marché qui leur permettrait d’assurer leurs financements en Chine», souligne Yves Jacob, responsable des marchés de capitaux primaires pour l’Asie Pacifique chez Société Générale CIB. BP a annoncé son intention de venir sur ce marché. D’autres groupes tels que Rusal ou Wal-Mart, envisagent aussi d’émettre des obligations en yuans à Hong Kong.
Mais le marché est encore balbutiant. Les banques présentes à Hong Kong doivent notamment s’adapter au nouveau processus de règlement livraison. Par ailleurs, le marché est très encadré, d’une part par l’autorité des marchés de Hong Kong et d’autre part, par les autorités chinoises. Comme il n’existe pas de cadre réglementaire autorisant le rapatriement de fonds de Hong Kong vers la Chine, les émetteurs seraient contraints de négocier, avant l’émission, avec les autorités chinoises un accord permettant le rapatriement des fonds et précisant ce à quoi ils seront employés. McDonald’s aurait procédé de cette façon.
Les investisseurs s’intéressent aussi au nouveau marché obligataire. «Comme il est désormais possible de régler les flux commerciaux en yuans à Hong Kong, il existe à présent une base de liquidités importantes en yuans offshore», explique Yves Jacob. Ces dernières peuvent être placées dans les nouveaux supports d’investissement en yuans créés par les banques à Hong Kong, et sur le nouveau marché obligataire. Les investisseurs espèrent ainsi profiter de la probable appréciation du yuan.
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