Le marché joue une baisse d’un quart de point des taux de la Banque d’Angleterre
Les gestes de la Fed et les enquêtes de janvier montrant un net affaiblissement de la croissance au Royaume-Uni mettent la BoE sous pression
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Tân Le Quang
Après avoir réduit son taux de base de 25 points de base (pb) en décembre, la Banque centrale britannique (BoE) s'était accordé une pause en janvier. Mais les enquêtes d’activité de début d’année ont montré un net affaiblissement du rythme de la croissance outre-Manche. L’indice PMI du secteur manufacturier a chuté de 52,4 en décembre à 50,6 en janvier. Les ventes au détail ont connu le mois dernier leur rythme de croissance le plus bas depuis plus d’un an. De plus, les baisses de 125 pb des taux de la Fed ont mis la Banque d’Angleterre sous pression.
UniCredit souligne que «les risques baissiers pesant sur la croissance ont augmenté depuis le rapport d’inflation de novembre » et quela balance des risques sur l’inflation, qui tendaient à se renforcer, est à présent en terrain neutre. « La dégradation du secteur immobilier et de la confiance des ménages, la possibilité pour la BoE de s’expliquer et de revoir ses prévisions à l’occasion du rapport d’inflation du 13 février et une inflation toujours à 2,1 % (en rythme annuel) en décembre nous poussent à croire que la BoE devrait saisir l’opportunité qui lui est offerte de baisser son taux directeur de 25 pb lors de sa réunion de la semaine prochaine », ajoute dans une note Crédit Agricole SA. Selon les économistes de la banque verte, la BoE devra gérer avec doigté le ralentissement de la croissance britannique qu’ils voient à 1,9 % en 2008, contre 3,1 % en 2007. UniCrédit note que la BoE aura finalisé jeudi ses prévisions de croissance et d’inflation, «ce qui lui donne suffisamment d’arguments pour agir de manière préventive ».
Au bout du compte, le marché voit la BoE baisser ses taux de 25 pb à 5,25 % à l’issue de sa réunion jeudi. Selon l’enquête Reuters réalisée auprès de 61 économistes, 57 privilégient ce scénario et 2 celui d’une réduction de 50 pb. De tels gestes ouvriraient la voie à une politique de taux plus rythmée. Dans le Panel Taux Agefi de février publié lundi, 48 % des membres ont répondu tabler sur des taux à 5,25 % d’ici fin avril et 48 % les attendent à 5 % à cet échéance. A horizon 6 mois, 36 % des participants prévoient des taux à 4,75 % et 24 % à 4,50 %. CPR AM va jusqu’à anticiper un niveau de 4,25 %, soit 125 pb de baisses d’ici fin juillet. Le marché, moins agressif, partage l’idée d’une réduction totale de 125 pb mais sur un horizon de douze mois, soit d’ici début février 2009.
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