Le marché fait le pari de la pentification de la courbe des taux américaine
En cas de signes de moindre fragilité des marchés financiers, ING estime que les positions jouant ce scénario pourraient se déboucler rapidement
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Tân Le Quang
Le rally entamé l'été dernier sur le marché des obligations d’Etat américaines a été particulièrement violent. Faisant chuter les rendements des Treasuries à 2 ans de 5,27 % à 2,06 %, il a affecté ceux des Treasuries à 10 ans qui sont passés de 5,32 % à 3,77 %. Cela s’est traduit par une forte pentification de la courbe des taux, l'écart de taux 10 ans-2 ans atteignant 171 points de base.
Se référant aux positions spéculatives longues sur les titres d’Etat à 2 et 10 ans, ING note que « chacun fait le pari de la pentification de la courbe ». Mais la banque estime qu’en cas de signes de moindre fragilité des marchés financiers, les rendements pourraient croître et les positions se déboucler rapidement. ING juge ce scénario prématuré et voit, à court terme, une poursuite de la pentification.
Beaucoup jugent en tout cas qu’il n’y a pas de bulle sur le marché obligataire. « Le niveau actuel des taux à 10 ans aux Etats-Unis est compatible avec les fondamentaux macroéconomiques et prend en compte le scénario d’une récession américaine et de la politique d’assouplissement monétaire de la Fed. Pour autant, nous ne sommes pas en phase de bulle. Il faudrait pour cela qu’ils atteignent les 3,40 % et que de la courbe des taux s’aplatisse, ce qui n’est pas notre scénario », explique Patrick Jacq, stratégiste taux chez BNP Paribas. Pour Philippe-Henri Burlisson, responsable de la gestion obligataire chez Groupama AM, « le rally obligataire américain depuis juin sur le 10 ans s’est fait par trois vagues successives de baisse des taux sur fonds de retournement économique, cela ne ressemble pas à une bulle. Une quatrième vague devrait se profiler au deuxième trimestre sous l’effet des nouvelles macroéconomiques. Le 10 ans pourrait alors baisser vers 3,3 % ».
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