Le marché envisage un scénario de rapprochement de Société Générale avec BNP Paribas

Les analystes sont partagés sur l’utilité d’une telle opération. Le gouvernement français est hostile à une reprise par une banque étrangère
Annelot Huijgen

Après avoir été en baisse depuis l’annonce jeudi dernier d’une perte de trading de près de 4,9 milliards d’euros, le titre Société Générale a fini en hausse de 10,4 % hier soir. En cause, un scénario de rapprochement avec BNP Paribas qui revient, huit ans après le précédent échec, de nouveau sur la table. « Le gouvernement entend que la Société Générale reste une grande banque française », a immédiatement souligné le Premier ministre François Fillon hier. De quoi valider le scénario d’une solution franco-française dans ce dossier.

BNP Paribas ne faisait hier aucun commentaire. Mais les difficultés de la Société Générale bouleversent le panorama bancaire français, et offrent à la banque de la rue d’Antin une occasion inespérée. Déjà, en octobre, les analystes de JPMorgan estimaient qu’« une transaction dans le marché français aura le soutien du gouvernement ». « Les différences culturelles entre les deux équipes de management sont exagérées par le marché, comparées aux avantages financiers. Nous pensons qu’une fusion avec un acteur étranger serait plus difficile au niveau culturel et offrirait moins de synergies », ajoutaient-ils. Hier soir, le Premier ministre italien sortant Romani Prodi a estimé que les banques italiennes étaient trop occupées par leurs acquisitions récentes pour envisager une reprise de la Société Générale.

Le scénario a toujours ses détracteurs. « Un rapprochement avec BNPP seule serait probablement très destructeur en l’état en raison d’une duplication des principaux points forts, notamment sur les activités de marché », estime ainsi Jean Sassus, analyste chez Raymond James, dans une note. « Les synergies devraient être bien moins importantes que celles attendues par la plupart des investisseurs étant donné le nombre de doublons restreint et les accords sur le back-office déjà en place », ajoutent les analystes d’UBS. Guillaume Tiberghien, de Credit Suisse, souligne pour sa part que l’acquéreur potentiel devra avant tout réussir à restaurer la confiance en remettant à niveau le système de gestion des risques. Un élément que le Premier ministre n’a pas non plus manqué de souligner, même s’il estime qu’il faut également que la banque « réussisse son augmentation de capital ». Les préparatifs pour cet appel au marché de 5,5 milliards d’euros devraient être examinés aujourd’hui au conseil d’administration de la Société Générale.

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