Le marché du sucre entrevoit le bout du tunnel
Les cours du sucre brut ont baissé de manière quasi continue en 2013 pour afficher un repli d’environ 16% fin juin par rapport aux cours, déjà peu élevés, de fin 2012. Une production record cette année (+10%) est attendue au Brésil, premier producteur et premier exportateur mondial (part de marché de 70%). Les conditions météorologiques très favorables jusqu’ici et les efforts importants de renouvellement des plants de cannes à sucre dopent les rendements attendus pour cette saison et la suivante.
De plus, l’offre de sucre brut aux Etats-Unis devrait être abondante cette année à la suite de bonnes récoltes et d’un relèvement des plafonds d’importations en provenance du Mexique.
Aussi la situation des producteurs est-elle devenue très délicate. Aux cours actuels de 16-17 cents par livre, seuls les acteurs brésiliens les plus efficients restent rentables. Une petite lueur d’espoir émerge toutefois du marché de l’éthanol, coproduit au Brésil du broyage de la canne aux côtés du sucre brut. Peu attrayant ces dernières années face à l’essence dont le prix fut longtemps plafonné afin d’apaiser une opinion sensible à l’inflation, il bénéficie de nouveau des faveurs du gouvernement brésilien. Celui-ci a lancé de nouvelles incitations fiscales et promu des mélanges incorporant plus d’éthanol, qui est à nouveau redevenu compétitif à la pompe. Or, les unités brésiliennes de broyage de canne peuvent arbitrer – dans une certaine mesure – entre la production de sucre brut et celle d’éthanol. En 2013, la production d’éthanol devrait donc être favorisée (54% de la récolte de canne contre 50% en moyenne), limitant quelque peu celle de sucre brut.
Parallèlement, les Etats-Unis ont aussi lancé des programmes de soutien à la filière. Enfin, la consommation de sucre blanc, débouché naturel du sucre brut, s’est révélée plus dynamique récemment. Des facteurs conjoncturels comme l’approche du ramadan peuvent expliquer ce regain d’intérêt, mais les prix bas pourraient aussi relancer la consommation sur la durée. Globalement, ces éléments pourraient permettre une relative stabilisation des cours. Cependant, sauf surprise majeure liée par exemple à la météorologie, aux exportations indiennes ou au cours du real brésilien, l’excédent de production devrait rester tel qu’un rebond significatif et durable des cours prendra du temps à se matérialiser.
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