Le marché du crédit a traversé la tourmente en ordre dispersé
Le marché du crédit a été frappé de plein fouet par la tourmente qui a touché l’ensemble des actifs risqués la semaine dernière. En témoigne le nombre d’émissions réalisées la semaine dernière, qui est tombé à son plus faible niveau hebdomadaire de l’année. Sur le compartiment «investment grade» (IG), l’émission de la Snam a permis aux émissions de franchir le seuil des 6 milliards d’euros depuis le début du mois, après un montant de 31,5 milliards en septembre.
Dans le même temps, aucun émetteur «high yield» (HY) ne s’est hasardé sur le marché primaire, dont la taille se limite à seulement 800 millions sur octobre, après 7,2 milliards le mois dernier. Grâce à un début d’année record, les émissions HY se montent néanmoins à 68,2 milliards d’euros sur 2014, pour n’être plus qu’à 700 millions de leur record de 2013.
Le fort resserrement des spreads vendredi a permis à l’indice iTraxx Main de limiter son écartement à 2 pb (71 pb) la semaine dernière, après avoir atteint 82 pb jeudi. Le segment IG a ainsi bien résisté avec un indice qui ne s’est écarté que de 6 pb la semaine dernière et de seulement 5 pb sur les deux dernières semaines, alors que le marché actions corrigeait de 10%. Dans le sillon de la baisse du rendement des obligations d’Etat allemandes qui a enregistré ses plus faibles niveaux historiques, le rendement IG a chuté à un nouveau plus bas historique de 1,47%, avant de revenir vendredi à 1,54%. «En outre, les fondamentaux restent solides, la saison des résultats montre des résultats positifs et les perspectives du crédit restent globalement saines», estime SG CIB.
Le rendement total offert par la classe d’actifs se monte à 6,87% depuis le début de l’année, contre seulement 3,25% pour le HY, qui a nettement plus souffert de la correction. L’indice «iBoxx HY Corporates» s’est écarté de 40 pb la semaine dernière à 466 pb, et le rendement HY a continué de se tendre pour atteindre 4,89%, soit son plus haut niveau depuis le mois de décembre 2013. Il était tombé à un niveau proche de 3,5% au mois de juin dernier, et était d’environ 4% en août. «La prise de conscience de la fragilité de la reprise mondiale et des équilibres budgétaires en zone euro ne s’effacera pas de sitôt, et le marché devrait pour un moment encore rester plus sensible aux mauvaises nouvelles, géopolitiques, sanitaires ou sur la vigueur de la reprise mondiale», estime Natixis.
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