Le marché du crédit a les yeux rivés sur l'évolution de la situation macroéconomique
Les prévisions de résultats pour les sociétés de l’indice iBoxx paraissent encore trop optimistes
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Kaysser Cherif
L’attention des marchés du crédit se détourne de la crise bancaire vers les perspectives économiques. Pour les analystes de Calyon, « alors que les investisseurs continuent de se concentrer prioritairement sur la situation macroéconomique, nous ne pensons pas que le sentiment des investisseurs soit sur la voie de l’amélioration ». Et ce, malgré les baisses des taux directeurs de la Réserve fédérale ou les tentatives des autorités gouvernementales pour freiner la dégradation. Ainsi, pour les analystes de SG CIB, « les résultats reviendront beaucoup plus sur le devant de la scène ». Et les nouvelles fondamentales sur ce front paraissent moroses. En particulier, « les prévisions de résultats pour les sociétés iBoxx semblent exagérément agressives », estime la banque française.
Alors que de nombreux économistes ont révisé à la baisse leurs perspectives économiques aux Etats-Unis et en Europe, les prévisions d’activité et de résultats pour les sociétés cycliques en 2008 n’ont, quant à elles, pas encore été véritablement revues à la baisse, ce qui suggère que ces signatures ne sont pas au bout de leurs peines. En effet, pour les analystes de SG CIB, « nous sommes plus préoccupés par la croissance des chiffres d’affaires que par les résultats d’exploitation, même si ces derniers pourraient également décliner au cours des prochains mois, et nous estimons que le marché n’est pas préparé à cela. La combinaison de ces deux facteurs laisse penser que les prévisions de résultats sont probablement trop élevées ». D’ailleurs la qualité de crédit des émetteurs de part et d’autre de l’Atlantique se détériore sous l’effet de la poursuite de la lente détérioration du ratio d’abaissement/rehaussement de notation.
Du côté des valeurs financières, alors qu’elles ont été à la tête de l’élargissement des marges de crédits, SG CIB estime que l’horizon se dégage quelque peu pour le secteur. « Les valorisations semblent désormais attractives dans le secteur, même si le contexte fondamental reste difficile. » Les tensions sur les marchés monétaires continuent à se dissiper, un plan de sauvetage pour les assureurs monoline est en cours de discussion, et les banques bénéficient d’injections de fonds propres. Mais selon Standard & Poor’s, les banques n’en sont qu’à mi-chemin des annonces sur les pertes liées aux subprimes.
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