Le marché des RMBS hollandais devrait rester performant à moyen terme

Malgré la morosité économique et une baisse des prix de l’immobilier ancien, les analystes n’attendent pas de hausse rapide des défauts
Solenn Poullennec

Même si l’économie néerlandaise se contracte, le marché des titres adossés aux prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) hollandais, l’un des plus importants au niveau européen, devrait rester solide à moyen terme.

Le segment des RMBS néerlandais a plutôt bien traversé la crise. Certes, en 2011, les spreads ont augmenté, mais de façon nettement moins brutale qu’observé dans d’autres pays. Et même si la plupart des émissions ont été retenues au bilan des banques, les volumes d’émissions sont restés plutôt élevés.

Dernièrement les perspectives de ce marché se sont pourtant assombries. La Commission européenne estime que le PIB du pays devrait se contracter de 0,9% cette année. Avec la hausse du chômage et la baisse des prix de l’immobilier dans l’ancien, dès la fin 2011, «les acheteurs potentiels reportaient de plus en plus leurs décisions d’investissement, creusant le déséquilibre entre l’offre et la demande de logements et nourrissant le cycle baissier de l’immobilier ancien», note Henri de Mont-Serrat, analyste chez Natixis.

Au court du premier trimestre, la situation ne s’est guère améliorée. Pour l’analyste, le marché immobilier souffre à la fois d’un durcissement des conditions de crédit et d’une baisse de la demande de la part des ménages. Celle-ci se concentre sur les logements neufs, comme en témoigne le récent redressement des prix sur ce segment alors que les prix de l’immobilier ancien continuent de baisser.

Cette situation devrait normalement augmenter les taux de défaut des RMBS et peser sur les montants récupérés par les détenteurs de titres après une défaillance. Mais pour Henri de Mont-Serrat, «seule une hausse prolongée du taux de chômage pourrait conduire, à horizon 3 mois ou plus, à une augmentation des arriérés, des défauts et donc quelques mois plus tard à des pertes potentielles du fait du déclin des prix de l’immobilier résidentiel».

Le marché est d’autant plus résistant que même s’il est réputé pour offrir des ratios de dette sur valeur de l’actif (LTV) très élevés avec des prêts à remboursement in fine, ils ne sont accordés que dans des conditions strictes. Et un certain nombre de prêts sous-jacents bénéficient d’une garantie contre le défaut de l’emprunteur. Dans un rapport publié début mars, Fitch disait ne s’attendre qu’à un seul défaut sur les 432 tranches de RMBS hollandais existant depuis l’été 2007.

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