Le marché des obligations à haut rendement a frôlé l’indigestion
Le marché high yield a bien résisté aux dernières turbulences de marché. Certes, l’indice iTraxx Crossover qui reflète le coût de la protection contre le risque de défaut des titres high yield s’est tendu après la mise sous surveillance des Etats-Unis par Standard & Poor’s la semaine dernière. Mais il a rapidement retrouvé son précédent niveau, tombant en deux séances de son pic de 382 points de base (pb) à 365 pb.
Sur le marché primaire du haut rendement, la baisse d’activité liée au week-end pascal et au prochain mariage princier au Royaume-Uni est la bienvenue après la vague d’émissions de la première quinzaine d’avril. Vingt opérations ont déjà été bouclées sur le mois, ce qui porte le volume d’émissions en Europe à 22,6 milliards d’euros en 2011, soit déjà la moitié des opérations réalisées en 2010, d’après Standard & Poor’s LCD. Le marché a frôlé la surchauffe. Les flux entrants dans la classe d’actifs sont en effet massifs. Les fonds spécialisés dans les obligations à haut rendement ont attiré 17 milliards de dollars d’engagements à l’échelle mondiale depuis le début de l’année, un record, contre 9,5 milliards de flux entrants au premier trimestre 2010, d’après le bureau d’études EPFR.
Tirant parti de l’appétit des investisseurs, les émetteurs et leurs conseils ont pu offrir des rendements de plus en plus serrés. Une tendance qui s’est arrêtée avec l’émission inaugurale d’Ideal Standard la semaine dernière. Après un rendement officieux annoncé à 10,5-11 %, la fourchette officielle a finalement été fixée à 11,75-12 %, les investisseurs n’étant pas prêts à accepter un rendement inférieur pour ces obligations notées Caa1 par Moody’s. «Les solides performances (sur le marché secondaire) ne sont plus garanties et les investisseurs s’inquiètent du fait que le prix fixé pour les nouvelles émissions soit trop serré, ce qui rend l’investissement sur le marché primaire moins attractif», explique Standard & Poor’s LCD.
Les rendements se sont déjà nettement détendus ces derniers mois. Celui des obligations notées B est passé de 9,9 % fin 2010 à 8,4 % au premier trimestre 2011. Pour obtenir un rendement supérieur à 10 %, les investisseurs doivent à présent se positionner sur des dettes notées CCC. Elles ont représenté environ 10 % des émissions à haut rendement au premier trimestre contre moins de 5 % en 2010, d’après Standard & Poor’s LCD.
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