Le marché des ABS auto confirme son dynamisme malgré la crise

Les analystes saluent le fait que les émissions réalisées depuis le début de 2012 ne soient pas seulement adossées à des prêts allemands
Solenn Poullennec

Le marché des obligations adossées à des prêts automobiles (ABS Auto) continue de défier la morosité du secteur de la titrisation. L’année dernière déjà, ces titres ont été parmi les seuls actifs à échapper à la crise souveraine. Depuis le début de 2012, les transactions ont affiché de bonnes performances et les émissions ont été encourageantes.

Ainsi, Volkswagen Leasing vient tout juste de placer un ABS pour un montant de 958 millions d’euros, avec une marge de seulement 53 points de base. Un autre ABS auto allemand, TruckLease SA Compartment n°.2, vient d’être placé de manière privée. Ces opérations confirment la domination du marché allemand, réputé pour la solvabilité de ses emprunteurs et la qualité de l’origination des titrisations. Les ABS auto allemands représentent environ 55% des opérations européennes, devant les actifs italiens (20%) et français (18,3%), selon l’étude annuelle de Natixis.

Cependant, «le fait que les nouvelles émissions offrent aussi des titres qui sont adossés à du collatéral non-allemand est particulièrement encourageant étant donné l’augmentation de l’aversion pour le risque de ces derniers mois», font valoir les analystes de Barclays Capital. Socram Banque, détenue par BPCE et neuf compagnies d’assurance, a placé en février 407 millions d’euros de titres, via «FCT TitriSocram 2012-1», avec une marge moins importante que prévu à 97 pb. Et GE Money Bank AG s’apprête à émettre un ABS auto lease suisse en francs.

Par ailleurs, la Société Générale a émis en février, l’ABS Auto, «Red & Black Auto Germany 1», via sa filiale allemande BDK avec une marge inférieure à 100 pb. Face à la demande, le montant de l’opération a finalement été augmenté de 562 à 750 millions d’euros. Pour les analystes de Barclays, les émissions de la Société Générale et Socram sont de bon augure. Car elles ne sont pas le fait de banques captives de constructeurs automobiles. Celles-ci sont réputées très sûres car elles travaillent avec des clients fidèles à leurs marques et s’ils font défaut, elles peuvent revendre les véhicules via leurs réseaux de distribution à des prix raisonnables.

«Le déclin de la confiance des ménages et les mesures d’austérité de plus en plus strictes, notamment dans les pays périphériques, représentent un risque important pour les performances des titrisations et pourraient contenir les niveaux d’émissions», relativisent toutefois les experts de Barclays.

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