Le marché de taux américain voit le cycle de la Fed toucher à sa fin
Le rendement à 2 ans a atteint son plus haut niveau depuis 2011. Des dissensions se font jour au sein de la banque centrale, qui publie ce soir son communiqué
Publié le
Alexandre Garabedian
Le communiqué que la Fed doit publier ce soir prendra des accents trompeurs. En l’absence de conférence de presse, les économistes s’attendent à ce que la banque centrale maintienne son discours accommodant, tout en réduisant de 10 milliards de dollars supplémentaires le rythme de ses rachats d’actifs pour ramener son programme d’assouplissement quantitatif à 25 milliards par mois.
Mais ce statu quo ne pourra plus masquer très longtemps les dissensions croissantes au sein du comité de politique monétaire (FOMC), qui commencent à faire réagir les marchés de taux.
Le taux à 2 ans américain a atteint 0,54% en milieu de semaine, un niveau qu’il n’avait plus touché depuis le printemps 2011. Par rapport à sa moyenne de 2014, il s’est élargi d’environ 15 points de base. Sur le marché primaire, la dernière adjudication de titres à 2 ans, lundi, s’est faite à 0,544%. «Nous nous attendons à ce que les rendements américains sur la partie courte de la courbe continuent à monter alors que le début du cycle de resserrement monétaire de la Fed se rapproche», estiment les stratégistes de BNP Paribas.
Des voix s’élèvent pour critiquer le risque de bulles financières lié à la politique prolongée de taux zéro. Et notamment celle de Richard Fisher, le président de la Fed de Dallas. La politique macro-prudentielle «est comme une ligne Maginot: elle peut être contournée. Se reposer sur elle pour empêcher l’instabilité financière donne un sentiment artificiel de confiance», a estimé cette semaine le banquier central.
Si ces critiques portent, c’est que la Fed semble s’approcher de ses objectifs d’emploi et d’inflation. La publication vendredi des statistiques de l’emploi, avec un taux de chômage à 6,1%, devrait confirmer l’embellie sur ce front. Le débat monte aussi sur la réalité de la hausse des prix et des salaires outre-Atlantique.
«L’inflation salariale reste basse, l’investissement immobilier et des entreprises a ralenti récemment, et l’inflation sous-jacente est stable», relativise Jim Reid, chez Deutsche Bank. Reste que pour Rob Carnell, l’économiste d’ING, «les marchés pourront donner au FOMC le bénéfice du doute à cette réunion, mais en septembre, soit la Fed devra changer de ton et reconnaître des améliorations sur l’emploi et l’inflation, soit les investisseurs voteront avec leurs pieds».
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