Le marché de l’emploi continuera à se dégrader aux Etats-Unis et en Europe
Wall Street et les Bourses mondiales ont mal accueilli jeudi les chiffres de l’emploi américain. Avec 467.000 suppressions de postes en juin au lieu des 365.000 prévues en moyenne par les économistes, et un taux de chômage qui culmine désormais à 9,5 %, le marché ne donne aucun signe d’amélioration. Preuve que l’euphorie des marchés actions depuis trois mois et la correction équivalente sur l’obligataire se sont nourries d’une poignée d’indicateurs de sentiment économique dont on attend encore la traduction concrète. Si les résultats des entreprises au deuxième trimestre s’avèrent pires qu’attendu, les Bourses pourraient connaître quelques turbulences dans les prochaines semaines.
Comme l’ont rappelé les chiffres américains, la dégradation du marché de l’emploi restera un fait marquant des prochains mois. L’output gap, c’est-à-dire l’écart entre le PIB potentiel et son niveau effectif, s’élargit toujours, et continuera à le faire tant que la croissance restera en dessous de son potentiel. Même en cas de reprise technique aux Etats-Unis cette année ou en Europe, il faut donc s’attendre à de nouvelles destructions de capacités de production, et d’emplois.
Aux Etats-Unis, « le taux de chômage va continuer à augmenter jusqu’à la mi-2010, pour atteindre 11-11,5 % », avance James Knightley, économiste chez ING. Mêmes perspectives en zone euro, où le taux a atteint 9,5 % en mai, et où Bruxelles anticipe un chiffre de 11,5 % en 2010. Si des pays comme l’Espagne ont été les premiers à accuser le coup de la récession, d’autres devraient connaître un effet rattrapage. C’est notamment le cas de l’Allemagne, dont le taux de chômage, stable à 7,7 % en mai, semble difficilement compatible avec la chute historique de 7 % du PIB.
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