Le marché de la titrisation scrute les démantèlements de banques
Les experts estiment que la séparation de Northern Rock en «bonne/mauvaise» banque n’handicapera pas son véhicule d'émission Granite
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Tân Le Quang
La restructuration de l’industrie bancaire, marquée par des démantèlements d’établissements aidés par les Etats, bat son plein. La semaine dernière, la Commission européenne a ordonné la vente de Standard Life Bank, la scission-cession des activités d’assurance et de gestion d’actifs d’ING et la séparation de Northern Rock en «bonne/mauvaise» banque, tandis que Lloyds et RBS ont annoncé hier une profonde restructuration. Ce contexte ne laisse pas indifférent le marché de la titrisation, qui a servi de rampe de financement au secteur.
«Bien que le rachat de Standard Life Bank par Barclays ne semble pas être d’une importance majeure quand on s’attache uniquement au prix de l’acquisition [226 millions de livres, ndlr], il gagne en importance vu son lien avec l’univers des «masters trusts» [véhicule utilisable pour plusieurs transactions, ndlr] de titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels de qualitéet du portefeuille de prêts hypothécaires de 8,8 milliards de livres racheté», note UniCredit. De fait, Barclays et Standard Life sont présents sur ce marché via, dans l’ordre, les véhicules Gracechurch et Lothian. «Il n’est pas encore clair s’il y aura un quelconque effet sur ces véhicules vu le caractère récent de l’opération de consolidation», ajoute la banque.
Mais la réaction modérée des titrisations sur le marché secondaire parle d’elle-même. L’annonce de la séparation de Northern Rock en deux banques s’est traduite par une baisse de 2,5 points à 87,5 - 88,15 du prix des tranches seniors de son master trust Granite. A l’instar d’UniCredit, Barclays estime que cette décision «ne devrait pas avoir d’impact direct sur Granite», qui «continuera dans sa forme actuelle». Le véhicule et ses portefeuilles de prêts devraient tomber dans l’escarcelle de Northern Rock AM, qui ne pourra pas émettre de prêts. Pour Deutsche Bank, la façon dont la gestion de recouvrement des prêts (servicing) sera gérée après la scission demande à être confirmée.
Si elle ne voit pas de répercussions matérielles pour les programmes de titrisation des banques précédemment citées, Deutsche Bank croit que davantage de banques, en échange de l’aide des Etats, seront forcées à désinvestir avec le risque qu’un tel processus affecte leurs émissions de titrisations. RBS et Lloyds sont dans ce cas depuis hier. Or cette dernière a récemment rouvert le marché des RMBS outre-Manche.
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