Le marché de la titrisation européen sera surtout soutenu par les RMBS
Avec les ABS auto, les créances adossées à des prêts immobiliers résidentiels britanniques devraient tirer leur épingle du jeu en 2012
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Solenn Poullennec
Même si le début de l’année lui semblait favorable, le marché européen de la titrisation n’a pas retrouvé son dynamisme. Selon les chiffres de Bank of America Merril Lynch, les émissions, dont une grande partie est retenue au bilan des banques, sont ressorties en recul sur un an, à 207 milliards d’euros via 121 transactions en 2011 (à fin novembre) contre 307 milliards d’euros en 2010. On est loin des 720 milliards d’euros émis en 2008. Pour 2012, les perspectives sont plutôt moroses, les RMBS et les ABS auto devraient être les principaux animateurs d’un marché à la peine.
Selon la banque, les émissions de 2011, dans leur grande majorité, étaient des RMBS (60%) suivie des titrisations de prêts aux petites et moyennes entreprises (SME CLO: 21%) et des titrisations sur des prêts à la consommation (16%). Les ABS auto, souvent d’origine allemande, ont été l’un des seuls actifs à avoir été épargnés par la crise en 2011. Les pays principaux pays d’émission sont sans surprise la Grande-Bretagne et les Pays-Bas. Pour 2012, les analystes restent prudents et parient sur un volume d’émission entre 150 et 200 milliards d’euros.
Pour Natixis, «les objectifs de deleveraging des banques devraient peser en 2012 sur les volumes émis en primaire». Quant au marché secondaire, il sera affecté par la détérioration des portefeuilles de prêts et la crise de la dette souveraine. «Ce sont les auto ABS ainsi que les RMBS britanniques qui devraient afficher les meilleures performances et résistances, les premiers signes de faiblesse des RMBS hollandais commençant à se faire sentir». Les RMBS italiens, touchés de plein fouet par la crise souveraine semblent désormais hors course.
Les analystes de Citi gardent espoir. Ils estiment que les besoins de financement des banques devraient les pousser à se tourner vers la titrisation, qui pourrait les aider à se refinancer à la BCE. Selon eux, les RMBS devraient constituer environ trois quarts des titrisations et les émissions en dollars pourraient se renforcer (elles représentaient 44% des RMBS placés en 2011) même si ce mouvement serait seulement temporaire.
Quant au marché des titrisations adossées à des prêts immobiliers commerciaux (CMBS), il n’est pas près de se réveiller selon Moody’s. Les émissions devraient rester très faibles et les CMBS de moins bonne qualité devraient voir leur taux de défaut et de restructuration augmenter en 2012.
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