Le marché boursier japonais tombe à un plus bas depuis près de 30 ans
L’indice Topix est tombé cette nuit à son plus bas niveau depuis l’année 1983, alors que le taux 10 ans enregistre son plus faible niveau depuis 2003
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Patrick Aussannaire
Le Japon cultive les paradoxes. Alors que l’indice large du marché action japonais Topix est tombé cette nuit à son plus bas niveau depuis l’année 1983, le rendement des obligations d’Etat japonaises (JGB) à 10 ans chutait à leur plus bas niveau depuis juillet 2003. A la mi-séance de la Bourse de Tokyo, l’indice Topix cédait en effet 2,1% à 694,43 points. Symboliquement, le cours de l’action Sony est passé sous le seuil des 1.000 yens pour la première fois depuis 1980. Depuis le 27 mars dernier, le Topix enregistre une chute de près de 20%, alors que l’indice S&P 500 abandonne 9,5% et l’indice Stoxx Europe 600, 12%. «Il s’agit d’un mouvement de vente de panique» estime Resona Bank.
Dans le même temps, les obligations japonaises continuent de jouer à plein leur rôle de valeur refuge, avec un rendement à 10 ans en baisse ce matin à 0,8%, soit son plus faible niveau depuis 2003. De plus, l’indice de confiance des investisseurs dans les JGB s’est sensiblement amélioré cette semaine, selon l’enquête Thomson Reuters publiée ce matin. L’indice a ainsi rebondi à +11 points, contre +3 la semaine dernière. 36,4% des investisseurs interrogés s’attendent à voir les taux à 10 ans poursuivre leur baisse cette semaine, contre 29,5% qui attendent une hausse.
Parallèlement, l’euro tentait un rebond face au yen ce matin, à 97,01, après avoir atteint 95,60, un plus bas depuis décembre 2000, alors que le dollar poursuivait sa baisse à 78,09, après être tombé à 77,66, un plus bas depuis mi-février.
Pourtant, le contexte au Japon est tendu. «Le taux d’épargne des ménages japonais est tombé de 10% à un niveau proche de zéro en une décennie, et les fonds de pension du pays dans les dernières années sont passés d’une situation nette neutre à une situation de vendeurs nets d’obligations japonaises, le nombre de retraités commençant à dépasser les nombre d’actifs. Sans compter que le gouvernement japonais dépend à 55% du marché obligataire pour financer ses besoins» estime GaveKal.
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