Le marché américain s’ouvre un peu plus aux covered bonds
Les investisseurs américains pourraient bientôt devenir plus nombreux à pouvoir acheter des covered bonds. La Securities and Exchange Commission (SEC) vient en effet d’autoriser Royal Bank of Canada à placer ces titres adossés à des prêts, le plus souvent hypothécaires, auprès de tout type d’investisseurs, a relevé le Financial Times hier.
Jusqu’alors, le gendarme boursier américain n’autorisait que les investisseurs institutionnels qualifiés à se positionner sur ces titres de dette, dans le format «144A» qui s’apparente à un placement privé. D’autres banques pourraient à leur tour se tourner vers la SEC pour avoir la possibilité de s’adresser à l’ensemble des investisseurs américains.
«Mais la procédure est lourde et onéreuse, rappelle Ralf Grossman, responsable de l’origination covered bonds chez SG CIB. Les établissements qui formuleront une demande auprès de la SEC seront donc certainement des banques canadiennes dont le volume d'émissions en dollar est important». Toutefois, leur démarche ne sera pas immédiate. «Elles attendront sûrement que le projet de loi pour la création d’un régime juridique pour les covered bonds au Canada entre en vigueur», ajoute-t-il.
Le marché des covered bonds en dollar a grossi rapidement ces dernières années sous l’impulsion des banques non-américaines, les établissements domestiques n'étant pas encore autorisés à en émettre. Les banques étrangères ont vu le marché américain comme un nouveau gisement d’investisseurs potentiels. Les émissions en dollars sont ainsi en forte progression. Elles ont compté 18,6% des émissions de covered bonds au cours des quatre premiers mois de l’année, contre 10,4% sur l’ensemble de l’année 2011, d’après Barclays Capital.
Le marché des covered bonds en dollar représente à présent plus de 100 milliards de dollars. Il a été animé principalement par les émetteurs canadiens, suisses, scandinaves et australiens, précisent les stratégistes de la banque britannique.
Le marché pourrait encore grossir avec l’arrivée des banques américaines. Après un parcours chaotique depuis 2008, le projet de loi navigue actuellement entre les comités au Parlement. «Les élections présidentielles à l’automne devraient se traduire par un report du vote du texte en 2013, car il s’agit d’un projet sensible qui risque d'être mal perçu par la population puisqu’il aiderait les banques de Wall Street», estime Ralf Grossman.
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