Le marché américain des «municipal bonds» n’est pas encore sorti de l’ornière
Le marché des obligations émises par les collectivités publiques aux Etats-Unis, les «municipal bonds», a connu, ces dernières semaines, une profonde désaffection de la part des investisseurs. 70% des titres proposés dans le cadre de récentes mises en vente périodiques n’ont pas trouvé preneur, les banques intermédiaires refusant de prendre le risque d’animation du marché pour des obligations pour l’heure dédaignées par les investisseurs face au spectre de la dégradation de la notation des assureurs monoline garantissant les titres.
Selon Bank of America, le taux d’échec a culminé à 87% le 14 février, pour évoluer depuis entre 61% et 69%. Le taux de rendement des «muni bonds» s’établit ainsi en moyenne à 6,52% à fin février, contre 3,63% avant que la demande ne s’évapore courant janvier.
Les pouvoirs publics se démènent pour redorer le blason du marché. Le comptroller de l’Etat de New York, Thomas DiNapoli, a émis l’hypothèse d’un investissement de la part du fonds de pension public. Onze Etats ont imploré les agences d’envisager de nouveaux critères de notation pour leur dette, afin de leur faire économiser des milliards de dollars en coûts de financement. Pour eux, les collectivités ne sont pas des entreprises comme les autres, et c’est bien le contribuable qui fait, in fine, les frais du renchérissement du crédit.
Aux yeux d’un négociateur, il convient bien naturellement de garder à l’esprit qu’il s’agit «d’un problème de liquidité, pas d’un problème de crédit». Les difficultés trouvent leur origine dans les pertes liées aux crédits hypothécaires à risque auxquelles les banques font face, et non à un éventuel défaut de la part des collectivités émettrices.
Ainsi, certains perçoivent dans ces troubles du marché une opportunité. Le gérant de Pimco, Bill Gross, a annoncé avoir acquis en fin de semaine dernière pour 1,5 milliard de dollars de «municipal bonds», à des prix qualifiés de «très attractifs» et qui ont rapidement progressé «significativement». Le marché serait devenu un lieu de chasse aux bonnes affaires pour des acheteurs aguerris. Pour Dan Sheppard, responsable de Deutsche Bank Wealth Management à New York, l’hypothèse d’un retournement du marché constitue le sujet favori de conversation des intervenants du marché obligataire. La crainte de dépréciations prochaines concédées par les banques pèse toutefois sur l’espoir des opérateurs.
Plus d'articles du même thème
-
Nordea AM lance son premier fonds systématique obligataire
La stratégie est notamment gérée par Lucette Yvernault et Marton Huebler, qui sont arrivés en octobre dernier. -
CI GAM finalise l’acquisition des fonds canadiens d’Invesco
Le gestionnaire d’actifs canadien CI Global Asset Management a finalisé le rachat des fonds d’investissement canadiens de son homologue américain Invesco. L’opération, annoncée à la mi-janvier 2026, couvre 98 fonds mutuels et ETF précédemment distribués par Invesco Canada pour un montant de 27 milliards de dollars canadiens (16,7 milliards d’euros). -
Covéa Finance adhère aux Principes pour l'investissement responsable
La société de gestion du groupe Covéa, Covéa Finance, a adhéré aux Principes pour l’investissement responsable (PRI) des Nations Unies, a annoncé l’entreprise fin mai. -
Invesco dévoile deux nouveaux ETF actifs Ucits
Les deux stratégies sont exposées aux marchés des obligations d’entreprise investment grade. -
Amundi compte une nouvelle administratrice indépendante
Dominique Potiron était précédemment associée du cabinet de recrutement Spencer Stuart. -
Un marché des AT1 en surchauffe permet aux banques de bloquer leurs spreads pour 10 ans
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- James Reynolds (GSAM International) : «Il y aura une dispersion croissante des performances en crédit privé»
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
Contenu de nos partenaires
-
Emploi ou retraiteCumul emploi-retraite : pourquoi des députés et DRH dénoncent une réforme contre-productive
Alors qu’elle vise à inciter les seniors à rester en emploi, des opposants de plus en plus nombreux à cette réforme affirment qu’elle produira l’effet inverse -
Violences après le sacre européen du PSG : Lecornu veut faire payer « celui qui détruit »
Mardi 2 juin, Sébastien Lecornu a dénoncé les débordements survenus après la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. « Un auteur d'un acte de violence ou de dégradation doit pouvoir réparer », a affirmé le Premier ministre à l'Assemblée nationale -
BasculeImmigration : le grand tour de vis européen
Le Parlement européen et les Vingt-Sept se sont mis d’accord sur un texte ouvrant la voie aux centres de rétention à l’étranger et à un allongement des périodes maximales de rétention