Le maintien de la note de la BEI serait de bon augure pour le MES

Malgré la dégradation de la France et de l’Autriche, qui a diminué le montant de capital AAA appelable, S&P a confirmé la note maximale de la banque
Solenn Poullennec

La Banque européenne d’investissement (BEI) l’a échappé belle. En dépit des dégradations de vendredi dernier, l’institution qui finance des projets d’investissement européens de long terme a vu sa note AAA confirmée lundi soir par Standard and Poor’s. L’agence l’avait mise sous surveillance négative en décembre. Cette nouvelle pourrait être de bon augure pour le Mécanisme européen de stabilité (MES).

«Nous nous attendons à ce que la performance des prêts de la BEI reste bonne, compte tenu de ses standards de souscription et son traitement historique de créancier privilégié», note S&P. Sur un encours de 360 milliards d’euros de prêts mi-2011, seuls quatre prêts étaient déficients, soit 0,1% du portefeuille.

L’agence constate que le rythme d’allocation de nouveaux prêts à commencé à baisser en 2011, comme prévu par l’institution pour stopper la dégradation de ses ratios de capital. Les ratios ont cependant pâti de l’abaissement d’un cran de la France et de l’Autriche. Le capital appelable auprès de pays européens notés AAA est passé de 137 milliards à 96 milliards d’euros, soit 43% du total du capital appelable (contre 62%).

S&P note que la BEI n’a pas rencontré de problème de financement malgré la crise et qu’elle jouit d’un accès à la liquidité de la BCE. La note de l’institution reste cependant assortie d’une perspective négative. Un abaissement reste possible en 2012 et 2013 si la qualité du portefeuille de prêts se dégrade, si les coûts de financement augmentent ou si de nouveaux pays actionnaires notés AAA sont dégradés.

Quoi qu’il en soit, le maintien du AAA pourrait conforter le futur Mécanisme européen de stabilité attendu en juillet 2012, qui aspire à obtenir un AAA. «La structure du MES est en termes de capital similaire à celle de la BEI», souligne Dominique Barbet, de la recherche économique marché de BNP Paribas.

Le Mécanisme européen de stabilité aura un capital total de 700 milliards d’euros. Les Etats membres, surtout la France et l’Allemagne, apporteront 80 milliards et le reste sera appelable. Mais «il faut aussi prendre en compte que la finalité de la BEI est de financer les investissements productifs alors que celle du MES est de venir en aide aux pays en difficultés», relativise Dominique Barbet.

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