Le LSE veut lancer un marché obligataire pour les particuliers français
Le London Stock Exchange pourrait lancer un marché obligataire à destination des particuliers en France alors que cette activité y est peu développée. Selon le journal britannique The Telegraph, le patron de la Bourse de Londres, Xavier Rolet, a confirmé que son groupe réfléchissait à offrir dans l’Hexagone mais aussi en Allemagne ce service qu’il propose déjà aux épargnants britanniques et italiens.
Ces derniers se montrent friands d’obligations (souveraines et d’entreprises). Ainsi, 4,6 millions de titres obligataires, représentant 200,7 milliards d’euros ont été échangés en 2011, sur le marché dédié de Borsa Italiana (filiale du LSE). Face aux difficultés de la zone euro, «nous allons attendre que la tension retombe un peu», a cependant tempéré Xavier Rolet. Et d’ajouter que les opérateurs locaux ne semblent pas se «concentrer» sur ce sujet.
En France, le marché obligataire est surtout professionnel et de gré à gré. Nyse Euronext permet aux particuliers d’échanger des obligations mais de façon beaucoup plus confidentielle qu’en Italie. La bourse enregistre 5.000 à 6.000 ordres exécutés par jour et le montant moyen des transactions est de 15.000 euros. Pour former et encourager les particuliers à ce type d’investissement, Nyse Euronext développe en ce moment des partenariats avec des banques privées et des brokers en ligne.
Cela permettrait de contourner la réticence de certains distributeurs. «Les particuliers sont tributaires des grands réseaux bancaires qui vont leur proposer d’autres produits d’épargne ou, pour des raisons évidentes et conjoncturelles, leur propre dette», explique Philippe Musette-Sykes, responsable des marchés de capitaux chez Kepler. Il n’y a pas d’incitation fiscale dédiée aux investissements directs en obligations. Et, «de manière générale les émetteurs préfèrent avoir en face d’eux quelques institutionnels auxquels ils proposent des coupures dissuasives pour les particuliers (50.000 euros), ce qui simplifie la procédure du prospectus réglementaire pour les arrangeurs», ajoute Philippe Musette-Sykes.
Certains opérateurs sont carrément hostiles: «le marché obligataire n’est pas fait pour les particuliers car il faut disposer des outils mathématiques adaptés pour savoir valoriser les obligations et ne pas se tromper dans la prise de décision», estime Arnaud de Bourrousse, fondateur d’Octo Finances, une société spécialisée sur le marché du crédit.
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