Le LSE adopte le modèle en silo en s’emparant de LCH.Clearnet

L’opérateur boursier vient de lancer une offre sur 50 à 60% de la chambre de compensation. Nyse Euronext ne dit pas s’il y participera
Violaine Le Gall

Les discussions exclusives entamées fin septembre entre le London Stock Exchange (LSE) et LCH.Clearnet viennent d’aboutir au lancement d’une offre de rachat par le premier de 50 à 60 % du capital de la chambre de compensation. L'échange, principalement en titre et en cash, est bien engagé puisque des actionnaires représentant 46,9 % du capital ont déjà indiqué accepter l’offre. Elle doit être approuvée en assemblée générale en avril prochain, puis obtenir le feu vert des autorités françaises, néerlandaises et européennes. Sa finalisation est attendue au quatrième trimestre 2012.

La transaction valorise LCH.Clearnet 813 millions d’euros, un montant inférieur au milliard d’euros évoqué dans la presse à l’automne. Avec LCH.Clearnet, le groupe dirigé par Xavier Rolet adopte le modèle en silo de Deutsche Börse. Les clients resteront toutefois au capital de LCH.Clearnet. «Le LSE a reproduit l’approche de partenariat utilisée pour la reprise de Turquoise», commentent les analystes actions chez Barclays Capital. Cette stratégie est essentielle «pour que LCH.Clearnet conserve le soutien de sa base d’utilisateurs» qui devront bientôt choisir une chambre de compensation pour leurs dérivés de gré à gré, ajoutent-ils.

Si ce marché est en plein développement, l’avenir des activités plus anciennes risque lui d'être affecté par les choix stratégiques des opérateurs boursiers Nyse Euronext et le London Metal Exchange. Le premier a prévenu qu’il arrêterait de travailler avec LCH.Clearnet en 2013 pour la compensation de ses activités européennes sur les dérivés et les actions, à l’origine de 35% du chiffre d’affaires de la chambre de compensation, soit 98 millions d’euros. Mais aucun préavis n’a été donné sur les contrats en cours avec Nyse Liffe, basé à Londres, pour 35,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, indique le LSE dans son communiqué.

Toutefois, Duncan Niederauer, le patron de Nyse Euronext, indiquait début février au Financial Times après l'échec de la fusion avec Deutsche Börse, que sa priorité était de bâtir une infrastructure post-trade dans la capitale britannique. Nyse Euronext, qui est actionnaire de la chambre de compensation à 9,1%, se refuse pour le moment de dire s’il participera à l’offre lancée par le LSE. Le London Metal Exchange travaille aussi sur une internalisation de sa compensation, mais n’a pas à ce jour envoyé de préavis à LCH.Clearnet.

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