Le LME essaie de réformer les règles de livraison physique sur l’aluminium
Glencore, Goldman Sachs et JPMorgan qui ont racheté de grandes sociétés de stockage de métaux ces dernières années sont dans la ligne de mire des utilisateurs du London Metal Exchange (LME). Depuis l’an dernier, ces derniers se plaignent de l’allongement des délais pour obtenir la sortie de l’aluminium des entrepôts. Le problème est surtout notable dans les entrepôts de Goldman Sachs à Detroit aux Etats-Unis, qui contiennent plus de 900.000 tonnes soit près d’un quart des stocks gérés par le LME. Non seulement les utilisateurs doivent attendre jusqu'à sept mois pour y obtenir leur livraison mais ils se plaignent aussi de l’impact en termes de coût.
«La situation est artificiellement organisée pour faire monter les primes, affirme dans le Wall Street Journal du 17 juin le responsable de l’approvisionnement stratégique de Coca Cola, qui a déposé une plainte au LME. Il faut deux semaines pour faire entrer l’aluminium dans l’entrepôt et six mois pour l’en sortir». Le coût augmente pour les utilisateurs car ils doivent payer le stockage jusqu’au moment de la livraison effective. En amont, les sociétés de stockage incitent financièrement les industriels à leur livrer leur production, ce qui limite la possibilité pour les consommateurs de passer par d’autres canaux.
Dans ce contexte, alors que l’offre dépasse la demande depuis une dizaine d’années, et que le surplus de 4,5 millions de tonnes d’aluminium stockés dans les entrepôts liés au LME, le prix de ce métal a progressé de 37 % depuis juin 2010.
Afin de calmer le jeu, le LME a demandé au cabinet de conseil Europe Economics un rapport et des recommandations, publiés fin mai. Réuni jeudi dernier, le conseil du LME s’y est partiellement conformé. Jusqu'à présent, les entrepôts devaient seulement s’engager à livrer un minimum de métaux compris entre 800 et 1.500 tonnes, selon leur taille, chaque jour. A compter du 1er avril 2012, le poids minimum à sortir dépendra du stock de l’entrepôt. Par exemple, les entrepôts dont le stock est compris entre 600.000 et 900.000 tonnes devront livrer 2.500 tonnes minimum par jour. Le hic est qu’aucune décision n’a été prise pour les entrepôts détenant plus de 900.000 tonnes de métal. Or, le seul de cette ampleur est celui de Goldman Sachs à Detroit.
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