Le Livret A pourrait avoir un impact négatif pour les nouveaux distributeurs
Standard & Poor’s met le doigt sur un risque de cannibalisation des dépôts, les ressources étant détournées des livrets existants vers les nouveaux Livrets A
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Annelot Huijgen
Nouvelle réunion sur le Livret A ce matin pour les associations, les ministères concernés, ainsi que les représentants des banques et de la Banque de France. Au menu, l’accessibilité bancaire, car ce produit d’épargne sert aujourd’hui d’«unique outil de bancarisation» à quelque 400.000 personnes. Une fonction que huit Français sur dix valorisent, selon une enquête de CSA pour l’Union sociale pour l’habitat, présidée par Michel Delebarre. Plus de la moitié des personnes interrogées se disent «attachées» au Livret A et estiment que ce serait une «une mauvaise chose» de laisser une partie de la collecte à l’usage des banques, au vu de la «crise financière actuelle».
Chacun campe sur ses positions. Dans une étude qui donnera cette fois des arguments aux banques, Standard & Poor’s s’interroge également sur l’impact de la réforme pour les réseaux distributeurs actuels, l’agence se disant «plus inquiète qu’il y a dix-huit mois». Depuis la publication du rapport Camdessus en décembre dernier, le gouvernement est passé à la vitesse supérieure, désireux de mettre en œuvre les premières mesures «à la fin du premier trimestre 2008», craint l’agence. Elle est d’autant plus dubitative que l’extension de la distribution pourrait se faire à un taux de commission plus faible (0,4 %) ce qui aurait «un impact encore plus négatif sur les revenus des banques». Et ce alors que l’environnement économique devient «plus difficile» en 2008, «les banques ressentent déjà la pression sur les marges dans leur marché domestique à cause d’une concurrence accrue et des perturbations actuelles de marchés financiers».
Même si l’impact sur les revenus des Caisses d’Epargne et de la Banque Postale serait respectivement «important» et «très important» (les commissions représentant 15 % des revenus de la seconde), S&P ne prévoit pas de changer les notations des distributeurs actuels. L’agence souligne que même si le droit de distribution du Livret A est «positif» pour les autres banques, «le rapport Camdessus néglige le risque de"cannibalisation des dépôts» des banques. Il existe un risque sous-jacent de perte de ressource bilantielle si le Livret A (dépôts centralisés à la CDC) vient concurrencer frontalement les livrets bancaires non défiscalisés qu’elles commercialisent déjà (dépôts au bilan des banques)», relève S&P.
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