Le Livre Beige confirme un ralentissement économique début 2008 aux Etats-Unis
La Fed n’a décidément pas d’autre issue que la détente monétaire. La Présidente de la Fed de Cleveland a rappelé sa vigilance
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Benoît Menou
A la lecture du Livre Beige de la Réserve fédérale américaine rendu public hier, force est de constater que l’ensemble des douze régions de la Fed ont observé un ralentissement de la croissance économique début 2008.
Le « Beige Book » montre que les industries des services ont vu leur activité ralentir dans la plupart des districts, tandis que l’industrie est restée anémique dans la moitié des douze régions. Le marché de l’immobilier résidentiel a fait preuve pour sa part d’une faiblesse générale, tandis que les informations relatives aux dépenses des consommateurs se sont révélées négatives.
Parallèlement, les pressions sur les prix, induites par la hausse des coûts de l'énergie et des matières premières, se sont accentuées dans la plupart des districts. Souvent, les entreprises n’ont pas toujours réussi à répercuter ces hausses en relevant leurs tarifs.
La Fed souligne que ces pressions sur les prix se sont traduites par une hausse des coûts de transport, routier, ferroviaire et maritime. Les entreprises interrogées ont aussi observé une augmentation des prix des métaux, des produits issus de la pétrochimie et des produits agricoles. Le Livre Beige ajoute que la plupart des districts et des entreprises ont fait état sur la période de pressions limitées sur les salaires et d’une certaine faiblesse du marché de l’emploi.
La Présidente de la Fed de Cleveland, Sandra Pianalto, a de son côté martelé l’impérieuse nécessité pour la banque centrale d’agir fermement dans un contexte de crise du crédit qui fait peser des risques à une économie déjà affaiblie. Il s’agit pour elle d’être paré à intervenir de manière agressive et dès qu’il le faut. La Fed n’en n’aurait pour autant pas oublié sa mission de maîtrise de l’évolution des prix, l’inflation pouvant être de fait assagie par une économie ralentie. Sandra Pianalto concède cependant craindre que les banques ne révèlent de nouvelles mauvaises surprises sur le front des dépréciations d’actifs.
Les futures sur taux d’intérêt ont pourtant révisé en baisse mercredi à 58% la probabilité estimée d’une détente monétaire de 75 points de base ce mois-ci, réagissant surtout à l’annonce d’une contraction moins marquée que prévu de l’activité dans les services en février. L’indice ISM a rebondi à 49,3 le mois dernier contre 44,6 en janvier et un consensus de 47. La probabilité d’une baisse de taux de trois-quarts de point était estimée à 78% avant la publication de l’indicateur.
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