Le lien entre taux et récession rend délicat le pilotage de l’inflation
L’observation des cycles économiques américains depuis les années 70 montre à quel point les réponses monétaires apportées à un choc pétrolier sont déterminantes. Dès qu’une banque centrale choisit de remonter fortement et rapidement ses taux directeurs, les risques de récession sont plus importants. Le graphique de gauche montre que toutes les récessions observées aux Etats-Unis depuis les années 70 ont été précédées de hausses des taux d’intérêt.
Dans l’environnement actuel, ce mouvement serait lié à des signaux clairs selon lesquels l’inflation commence à être intégrée dans les attentes des agents économiques en termes d’évolution future des prix et des salaires - ce qu’on qualifie d’effets de «second tour»- créant ainsi un risque de spirale prix-salaires. On a observé récemment une différence très claire entre la réponse de la BCE et celle d’autres banques centrales, la BCE montrant sans équivoque qu’elle était prête à relever ses taux directeurs pour éviter le développement de ces fameux effets. A la décharge de la BCE, il est vrai que les pays de la zone euro ont traditionnellement - et même si c’est à des degrés divers - appliqué des formes d’indexation des salaires par rapport aux prix...
Dans le même temps, la Fed et la Banque d’Angleterre ont adopté une approche plus flexible, s’efforçant de dépasser l’impact des chocs pétroliers récents sur les prix, en semblant considérer non seulement que les signes d’effet de «second tour» ne sont pas évidents, mais aussi que les capacités de production disponibles sont suffisamment importantes pour contenir les pressions inflationnistes. A horizon avril 2012, Schroders prévoit que les taux directeurs de la BCE, de la Banque d’Angleterre et de la Fed seront respectivement à 2%, 1,50% et 0,75%.
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