Le Japon reste sans réponse aux menaces qui pèsent sur son économie
La BoJ conserve le statu quo alors que l’inflation nippone stagne en territoire négatif et que les ventes de détail accusent un recul de 1,2% en 2011
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Patrick Aussannaire
Le Japon est condamné à réagir. La déflation se poursuit avec un recul de 1,1% sur un an des prix à la consommation hors alimentation et énergie en décembre. «L’inflation sous-jacente devrait rester négative en 2012 à moins que le yen ne s’affaiblisse sensiblement», estime en outre Mitsui Asset Management. Parallèlement, les perspectives économiques restent atones. Si les ventes au détail ont enregistré en décembre leur plus forte hausse depuis 16 mois, de 2,5% sur un an, elles restent toutefois en baisse de 1,2% sur l’année 2011.
Et la crise politique couve. Le gouvernement prévoit de doubler la TVA à 10% en octobre 2015 dans la cadre de son plan de réduction de la dette, mais se heurte à une fin de non-recevoir de la part de l’opposition, menaçant d’appeler à des élections anticipées. Reuters estime que, même avec la hausse de TVA, le budget 2015-2016 accuserait un trou de 45.400 milliards de yens, mettant ainsi en péril l’objectif de limiter les besoins de financement à 44.000 milliards d’ici à 2014. Depuis 1990, le PIB par habitant par rapport à celui des Etats-Unis est passé de 90% à 77%, alors que la dette nette flambait de 20% à plus de 130% du PIB. Moody’s a alerté ce matin que si le gouvernement ne respectait pas ses objectifs, la note pourrait être dégradée.
Si la proportion d’investisseurs domestiques détenant la dette japonaise a récemment augmenté à 94%, Goldman Sachs estime que «le spread entre les rendements d’Etat et les CDS reflètent la différence de perception entre les investisseurs japonais et étrangers sur le délai qu’il faudra pour que le financement de la dette au Japon devienne insoutenable». Le CDS 5 ans japonais se traite à 130 pb, alors que le rendement des obligations de même maturité est de 0,35%.
«Les solutions les plus probables consistent en une hausse des impôts couplée à l’impression de yens pour générer de l’inflation», estime GaveKal. Pour le moment, la BoJ pratique toujours le statu quo, conservant sa politique de taux zéro ainsi que son programme de rachat d’actifs de 55.000 milliards de yens. Mais les minutes de la dernière réunion révèlent que plusieurs membres du comité envisagent d’opter pour un assouplissement supplémentaire.
Sous la pression du premier ministre, Yoshihiko Noda, appelant à une intervention «d’ampleur» pour contrer la hausse du yen, la BoJ a semblé envisager cette option. Indifférent à ces avertissements, le yen a poursuivi sa hausse à 76,90 contre dollar.
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