La hausse récente de la TVA au Japon présente des parallèles avec la situation de 1997
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A. Wannesson-Raynaud, Schroders
L’inflation au Japon a atteint 3,7% en mai. Bonne nouvelle ? A priori oui, cette accélération tendrait à prouver les résultats positifs des «Abenomics». Mais à y regarder de plus près, l’augmentation récente de l’inflation est presque exclusivement le fait de la hausse de la TVA. Cette dernière a été rehaussée de 3 points à 8% le 1er avril dernier pour financer la dette publique et contribuer au financement du système de protection sociale.
Sans cette hausse mécanique de l’inflation, les pressions haussières sur les prix restent modérées au Japon, et semblent même déjà s’éroder comme le montrent par exemple l’indice des prix de la région de Tokyo ou les indices des directeurs d’achat.
Avant la hausse de la TVA, l’accélération de l’inflation était principalement la conséquence de la baisse du yen, qui a provoqué une appréciation des prix à l’importation. Le yen s’étant stabilisé, son effet sur l’inflation n’est plus visible. Une accélération soutenue et durable de l’inflation passerait par une accélération sensible des salaires, ce qui n’est pas encore le cas.
Sans cette progression et avec un pouvoir d’achat des ménages pénalisé par la fiscalité, on peut donc légitimement craindre que le Japon ne soit juste en train de recommencer les erreurs du passé, où, en 1997, la hausse brutale de la TVA avait contribué à précipiter le pays dans la déflation. Il existe aujourd’hui au moins deux différences notables qui font espérer que l’histoire ne se répète pas: la hausse de la TVA de 1997 doit être remise dans le contexte de la crise asiatique qui avait secoué toute la région en 1998 et asséché la demande pour les exportations japonaises. Ensuite, la banque centrale japonaise est aujourd’hui toute disposée à répondre à la situation par davantage de quantitative easing.
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