Le Japon perd son principal moteur de croissance

La BoJ prévoit une contraction de l’activité de 0,4% sur 2011/2012, alors que le pays devrait enregistrer son premier déficit commercial depuis 1963
Patrick Aussannaire

Le Japon ne sort pas de l’ornière. La BoJ réunie cette nuit a dégradé ses prévisions économiques de 0,7 point de croissance pour cette année, et a une nouvelle fois laissé ses conditions monétaires inchangées avec un taux compris entre 0% et 0,1% tout en réitérant son programme de rachat d’actifs de 55.000 milliards de yens (548 milliards d’euros). L’activité nipponne pourrait se contracter de 0,4% sur l’exercice fiscal qui s’achève fin mars, avant de rebondir de 2% l’année prochaine. «L’activité économique japonaise a été globalement stable, du fait notamment des effets du ralentissement de l’économie extérieure et de l’appréciation du yen» a expliqué la BoJ dans son communiqué. La société de gestion GaveKal rappelle que la croissance nominale au Japon a été négative en moyenne depuis 2008. Une situation qui ne devrait pas sortir le Japon de la déflation. La BoJ prévoit une hausse toujours léthargique de l’indice sous-jacent des prix à la consommation, à 0,5% en 2011/2012.

Et les années où le commerce extérieur faisait les beaux jours de la croissance japonaise semblent terminés. Le Japon devrait enregistrer son premier déficit annuel de la balance commerciale depuis 1963. Sur les onze premiers mois de l’année, le déficit du secteur manufacturier a atteint 2.300 milliards de yens, contre un surplus de 6.600 milliards en 2010. «Je ne nie pas qu’il y a une tendance qui devrait conduire à un déficit structurel, si on ne fait rien» a reconnu le ministre du commerce, Yukio Edano, au Wall Street Journal. «Il y a peu de raisons de penser que la balance commerciale reviendra en territoire positif, au moins tant que le yen restera aussi fort» note GaveKal, qui ajoute qu’avec «une croissance aussi rapide de la productivité en Chine et en Corée du Sud, le Japon devrait continuer à voir ses parts de marché s’éroder».

De plus, le surplus des comptes courants a chuté de 85,5% sur un an, à 138,5 milliards de yens en novembre. Le ministre des finances, Jun Azumi, a réitéré son appel pour une réforme fiscale comprenant le doublement du taux de TVA à 10% d’ici 2015, alors que le pays doit faire face à des émissions record de 174.200 milliards de yens en 2012. «Quand on regarde les problème de dette souveraine en Europe, il est évident que si les finances restent dans leur état actuel, cela pourrait poser un grand risque aux efforts pour atteindre une croissance stable» a-t-il alerté ce matin.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...