Le Japon mise tout sur la faiblesse de ses rendements souverains
Au Japon, une bonne nouvelle ne vient jamais seule. La production industrielle a fortement rebondi de 4% en décembre, après une chute de 2,7% le mois précédent. Une bonne surprise, alors que les économistes attendaient un rebond de 3%. Et les entreprises manufacturières s’attendent à une nouvelle hausse de la production de 2,5% en janvier et de 1,2% en février. Une tendance confirmée par l’indice PMI du secteur manufacturier, qui a progressé à 50,7 en janvier, son plus haut niveau en cinq mois, après 50,2 en décembre. L’indice des nouvelles commandes à l’exportation a quitté la zone de contraction à 50,2, après 49,1 en décembre. Néanmoins, entre octobre et décembre 2011, la production est restée en recul de 0,4% par rapport au trimestre précédent. Et Yoshimasa Maruyama, économiste chez Itochu, de préciser qu’il «n’y a aucune chance que les exportations progressent au cours du premier semestre de l’année».
Le ministre des finances Jun Azumi a une nouvelle fois agité l’épouvantail d’une intervention sur le marché des changes. «Ma position n’a pas changé. S’il y a une volatilité excessive et des mouvements spéculatifs, je surveillerais ça de près et prendrais des mesures déterminées si nécessaires». Une position qui laisse toujours les marchés indifférents. Le yen a touché un plus haut de 3 mois ce matin contre dollar, à 76,19. Il se maintenait à 100,45 contre euro, après une hausse de 1% hier. La stabilité de la volatilité implicite à un mois sur le dollar/yen à 7,6%, et l’échec des précédentes interventions laissent sceptiques les opérateurs. Sur les douze derniers mois, le yen a gagné 7,4% contre dollar et 11,9% contre euro.
En revanche, pour le moment, l’obligataire résiste. L’adjudication de titres à 2 ans, assortie d’un rendement de 0,13%, a trouvé ce matin son plus fort ratio de couverture depuis novembre 2010, à 5,35 fois. Un sondage Reuters montre que les fonds japonais surpondèrent leur allocation en obligations à un niveau record et s’attendent à ce que les obligations japonaises soient soutenues par la réforme du gouvernement. Or, en plein débat politique sur le relèvement de la TVA, S&P a rappelé ce matin Tokyo à l’ordre en estimant que «ça sera très loin d’être suffisant» par la voix de son directeur à Singapour, Takahira Ogawa. Et de préciser que «peu importe le niveau auquel sera relevée la TVA, cela ne servira à rien sans une refonte du système social de redistribution».
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