Le Japon espère enfin sortir son économie de la déflation
Le Japon pourrait sortir l’an
prochain du long tunnel de déflation et de faible croissance dans lequel s’est
enlisée son économie durant deux décennies, selon les perspectives de mi-année qui
viennent d’être publiées par le gouvernement. Tokyo anticipe une croissance réelle du
Pib de 1,7% au cours de l’année fiscale 2012 - 2013, à comparer à une hausse nominale attendue de 1,9%. Si ces projections se réalisaient, ce serait la première fois en 16 ans que la croissance nominale dépasserait la croissance réelle.
Le mois dernier, la Banque du
Japon avait publié des prévisions allant dans le même sens. Même léger, le raffermissement
de l’activité nourrit l’espoir d’une hausse des prix à la consommation de 0,2%
au cours de l’année fiscale 2012 – 2013, ce qui constituerait la première augmentation
depuis quatre ans. Le redressement des prix serait de 0,5% au cours de l’année
fiscale 2013-2014.
Depuis l’éclatement de la bulle
immobilière au tout début de la décennie 1990, les prix à la consommation ont
soit reculé soit été stables la majeure partie du temps, à l’exception notable
de 1997 et 2008, respectivement, lorsque a été augmentée la taxe sur les ventes
puis lors de l’envolée des prix des matières premières.
Certains économistes jugent les
prévisions gouvernementales trop optimistes, et estiment que la Banque centrale
va rester sous pression pour activer le levier monétaire et soutenir l’économie
si celle-ci n’évolue dans le sens souhaité. « Le gouvernement s’est fixé
un objectif ambitieux en prévoyant une forte croissance du Pib nominal », a estimé Yoshiki Shinke, économiste en chef de Dai-ichi Life Research Institute à Tokyo, cité par l’agence Reuters.
La prévision de croissance du Pib nominal est
nettement supérieure à celle des économistes indépendants qui tablent plutôt
sur 1,4%. En faisant miroiter la fin de la déflation et le retour de la
croissance, le gouvernement cherche à rassurer l’opinion publique que les hausses
de la taxe sur les ventes inquiètent, estiment des analystes. La hausse de la taxe
sur les ventes qui vient d’être adoptée, a été fixée à 10% d’ici à 2015. En
1997, une décision analogue avait cassé le redémarrage de l’économie. Pour le premier ministre Yoshihiko
Noda, toute la difficulté consiste à mettre en œuvre une stratégie de
croissance sans pour autant laisser filer l’énorme dette du pays (environ 200%).
Pour soutenir la consommation, le gouvernement accorde des subventions aux
automobiles faiblement émettrices, et aux dépenses de reconstruction rendues nécessaires après le
tremblement de terre survenu en 2011. Mais ces initiatives ont produit l’essentiel
de leurs effets et deviennent moins efficaces, estiment des experts.
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