Le Japon avance à pas prudents sur le chemin de la hausse de la TVA
Shinzo Abe va devoir manœuvrer avec doigté. Le gouvernement japonais doit officialiser aujourd’hui la hausse du taux de TVA de 5% à 8% à partir d’avril 2014, qui s’accompagnera d’un plan de relance de 5.000 à 7.000 milliards de yens. Shinzo Abe cherche ainsi à atténuer l’impact négatif de cette mesure, estimée à 7.500 milliards de yens (57 milliards d’euros) pour les consommateurs japonais, tout en conservant le soutien de la Banque du Japon (BoJ) et en respectant sa promesse pré-électorale de conserver le calendrier fixé par l’ancien gouvernement. Une baisse de l’impôt sur les sociétés a été évoquée comme mesure phare du plan de relance.
Tokyo peut compter sur une croissance solide de 4,1% et 3,8% en rythme annuel sur les deux premiers trimestres. «Nous voyons peu d’inquiétudes sur l’évolution des conditions économiques après la hausse du taux de TVA», estime CA CIB, qui ajoute que l’indicateur clé sera l’évolution du marché actions, qui a déjà créé un effet richesse de 50.000 milliards de yens. «L’économie conservera son niveau de résistance malgré la hausse de la TVA si le marché actions conserve sa dynamique de hausse d’au moins 20% sur les six mois suivant la hausse».
En 1997, la hausse de la TVA avait tué dans l'œuf la reprise au Japon. La BoJ s’est déclarée prête à assouplir encore davantage sa politique monétaire en cas d’inquiétudes sur le rythme de croissance de l’activité. Son gouverneur pousse depuis son arrivée en mars pour la mise en place effective de la hausse de la TVA dès avril 2014. Il a ainsi prévenu début septembre que tout retard pourrait avoir des conséquences sur la crédibilité de la politique des autorités, et entraîner une envolée des rendements. Dans ce cas, «les marges de manœuvre de la BoJ pour enrayer cette crise seraient extrêmement limitées», a estimé Haruhiko Kuroda.
Avec un taux à 10 ans de 0,675% et une inflation à 0,8% en août, le Japon offre, pour la première fois depuis un bref épisode durant l’été 2008, des taux réels négatifs aux investisseurs, les poussant ainsi vers le marché actions. Si «le marché des obligations se montre sceptique quant à l’atteinte d’un taux d’inflation de 2% en deux ans, la stabilité des rendements de long terme montre l’efficacité de la politique de rachats d’actifs de la BoJ pour éviter une envolée des taux», estime CA CIB. Après une baisse de 25% contre dollar depuis septembre 2012, le yen s’est stabilisé entre 96 et 101 depuis juin dernier.
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