Le Japon accentue le trou noir de son déficit extérieur
Le ralentissement chinois coûte cher au Japon. L’Archipel a enregistré son plus important déficit commercial mensuel, de 1.475 milliards de yens en janvier après un déficit de 205,6 milliards en décembre, pulvérisant le précédent record de 967,9 milliards de janvier 2009, selon les chiffres publiés ce matin. Un niveau mensuel équivalent à 60% du déficit accusé sur l’ensemble de l’année 2011, de 2.490 milliards de yens, la deuxième moins bonne performance extérieure du Japon depuis la deuxième guerre mondiale. Parallèlement, l’excédent des comptes courants est tombé à son plus bas niveau depuis 1980 en 2011 à 6.630 milliards de yens (en chute de 44%).
Les exportations ont plongé de 9,3% sur un an en janvier. Les exportations vers la Chine ont chuté de 20,1% à 587,9 milliards de yens et celles vers les autres pays asiatiques de 13,6%. Celles vers l’Europe ont également pesé sur le commerce extérieur nippon avec une baisse de 7,7%. Depuis 2007, les exportations vers l’Europe ont chuté de 39% sur fond de concurrence accrue de ses voisins asiatiques et de crise de la demande européenne. Les exportations à destination des Etats-Unis ont en revanche bien résisté avec une hausse de 0,6%.
Parallèlement, les importations ont progressé de 9,8%, le Japon devant faire face à une hausse de ses besoins en ressources suite à la catastrophe de Fukushima, telles que le gaz naturel liquéfié, le pétrole et le charbon. Les importations de gaz naturel liquéfié ont progressé à un record de 12,2% en 2011. «A moins que nous assistions à une hausse importante du rendement opérationnel de la production des centrales nucléaires, l’augmentation du coût énergétique devrait être répercuté sur les sociétés. Ce qui pourrait accélérer le transfert de production à l’étranger» estime Masaaki Kanno, chef économiste chez JPMorgan et ancien membre de la Banque du Japon.
Seul point de consolation, la devise nipponne a touché cette nuit un plus bas de six mois à 79,89 contre dollar et l’assouplissement supplémentaire de 10.000 milliards de yens a permis une nouvelle baisse du rendement des obligations d’Etat japonaises à 10 ans à 0,95% et de celles à 2 ans à 0,295%. Selon un sondage Reuters, 50% des investisseurs interrogés s’attendent néanmoins à une hausse du rendement à long terme de ces obligations, contre 22% seulement le mois dernier. S&P a par ailleurs annoncé ce matin avoir maintenu la perspective négative sur la note «AA- » du Japon.
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