Le gouvernement prend la mesure de la crise de la construction
Après avoir débranché une partie des aides à l’immobilier et voté une loi Alur (pour l’accès au logement et un urbanisme rénové) très décriée par les professionnels, le gouvernement fait machine arrière. Le train de mesures dévoilé hier par la ministre du Logement Sylvia Pinel vise à accroître de 40.000 le nombre de logements construits chaque année.
La crise du secteur, qui représente 8% de la production de la France, est profonde. A fin mai, le nombre de mises en chantier sur 12 mois est tombé à 312.000 unités, revenant ainsi au niveau de 1998. Amorcée bien avant le vote de la loi Alur, la décrue signale l’échec des politiques de logement mises en œuvre ces 15 dernières années, avec un soutien à la demande qui a coûté cher aux finances publiques et a contribué à la surévaluation des prix par rapport aux ressources des ménages. Or la cherté du foncier et du bâti explique le gel du marché.
L’élargissement du prêt à taux zéro, annoncé hier, reprend pourtant ces vieilles recettes. La quotité du PTZ et le plafond de revenus qui y donne droit seront relevés le 1er octobre, et le différé de remboursement sera étendu à davantage de ménages. Recentré sur le neuf, le produit sera élargi dans la loi de finances 2015 à l’achat-rénovation de logements anciens, comme auparavant, mais uniquement en zone rurale. Le gouvernement espère ainsi porter la production annuelle de PTZ de 44.000 à 70.000.
Plus efficaces a priori pour stimuler l’offre, les normes de construction seront assouplies à l’automne avec 50 mesures de simplification. Enfin, le projet de loi de ratification de l’ordonnance sur le logement intermédiaire du 20 février 2014, qui prévoyait des carottes fiscales pour faire revenir les assureurs vers ce compartiment, sera déposé avant le 21 juillet 2014.
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