Le gouvernement japonais veut croire à la fin de deux décennies perdues

Tokyo prévoit un déflateur du PIB qui repasse en territoire positif à 0,2% sur l’année fiscale 2013-2014 pour la première fois depuis seize ans
Patrick Aussannaire

Est-ce la fin de deux décennies perdues au Japon? C’est en tous cas la nouvelle stratégie en forme de méthode Coué que semble appliquer l’Archipel. Le ministre de l’Economie, Motohisa Furukawa, a montré sa détermination en indiquant que «le contexte actuel fournissait une bonne chance pour sortir le Japon de la déflation aussi vite que possible. Il est important de prendre les mesures nécessaires pour y arriver». Profitant de ses projections semestrielles, le gouvernement table sur une croissance de l’activité de 2,2% sur l’année fiscale qui s’achève en avril 2013 et de 1,7% l’année suivante.

Plus important: Tokyo prévoit une croissance nominale du PIB de 1,9% sur l’année 2013, soit 0,2 point de plus que la croissance réelle correspondant à un déflateur du PIB qui passerait en territoire positif pour la première fois depuis 16 ans. Soit une sortie de la déflation, après un déflateur qui devrait rester négatif de 0,3 point cette année. L’indice des prix à la consommation, en territoire négatif depuis quatre ans, est attendu en hausse de 0,2% cette année et de 0,5% en 2013-2014.

Le compromis politique trouvé la semaine dernière ouvrant la porte à une hausse du taux de la TVA de 5% actuellement à 8% en 2014 et 10% en 2015 offrira un soutien au niveau des prix. Et Motohisa Furukawa d’anticiper une hausse de la consommation avant la remontée effective du taux qui apportera 0,6 point au PIB 2013-2014.

Echaudés, les économistes restent cependant dubitatifs. «Comment les prix peuvent-ils augmenter dans une telle proportion alors que les salaires sont orientés à la baisse?», s’interrogent les économistes de Dai-Ichi Life Research Institute. D’autant que le gouvernement s’est engagé dans un programme de maîtrise de sa dette publique, souvent synonyme de pression à la baisse sur les prix et sur la croissance. Tokyo entend ainsi limiter ses émissions à 44.000 milliards de yens l’année prochaine et réduire ses dépenses de fonctionnement de 10%.

Dans ce contexte, les yeux seront rivés sur la BoJ. «La force persistante du yen et la faiblesse de la demande globale accroissent la pression sur la BoJ pour qu’elle étende ses mesures de soutien monétaires non conventionnelles», estime GaveKal. Et d’estimer que pour atteindre l’objectif d’inflation à 1% en 2014, la BoJ devra porter son programme de rachat d’actifs sur des maturités plus longues, à l’instar du programme Twist de la Fed.

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