Le gouvernement japonais hésite à décocher sa troisième flèche
Le Japon traverse une mauvaise passe. En pleine crise politique qui frappe pour la première fois son gouvernement et en pleins doutes sur les perspectives de croissance dans le pays, Shinzo Abe envisage de retarder la nouvelle hausse très impopulaire du taux de TVA à 10% prévue en octobre 2015. Le jour de la démission de sa ministre de l’Economie, du commerce et de l’industrie, après celle du ministre de la Justice pour suspicion de fraude, le premier ministre a déclaré au Financial Times qu’«en augmentant le taux de TVA dans un contexte de désordre et de ralentissement économique, il n’y aurait aucune hausse des recettes ce qui rendrait la mesure inutile».
Les doutes sur la capacité de Tokyo à achever la troisième flèche de son programme a fait décaler le niveau des CDS souverains à 5 ans à 49 pb, alors qu’il était tombé le 12 septembre à 31,5 pb, son plus bas niveau depuis octobre 2008. A la suite des mauvais indicateurs économiques récents, Barclays a révisé à la baisse de 1,5 point sa prévision de croissance du PIB nippon au troisième trimestre à +2,2%, après sa chute de 7,1% au deuxième. Le consensus prévoit un ralentissement de la croissance à 1% cette année, après 1,5% en 2013. Si la BoJ a revu ses objectifs de croissance à la baisse, elle maintient sa prévision d’un retour de l’inflation à 2% fin 2015.
L’autorité a mené au cours du mois de septembre plusieurs adjudications de billets de trésorerie offerts à des taux négatifs. Une décision historique qui s’explique par une forte absorption exceptionnelle de liquidités par le gouvernement le mois dernier, selon CA CIB. «La BoJ a estimé que cette opération permettrait de contribuer à affaiblir le yen, doper le marché actions, et ainsi soutenir l’économie» pour permettre à Tokyo de ne pas retarder la hausse de TVA, ajoute CA CIB. La devise a frôlé le seuil de 110 contre dollar pour la première fois depuis août 2008, soit une dépréciation de 7,7% en deux mois et de 41% en deux ans.
«Que le marché actions n’ait pas profité de cette chute du yen a dû constituer une déception pour la BoJ », estime CA CIB. Reuters rapportait hier que le fonds de retraite public (GPIF) pourrait accroître son allocation en actions locales de 12% actuellement à 25%, soit des achats de 10.700 milliards de yens (78 milliards d’euros), selon Citigroup. L’indice Nikkei accuse une chute de 7,2% depuis le début de l’année, la plus mauvaise performance sur le marché asiatique.
Plus d'articles du même thème
-
Stellantis et Nissan négocient la reprise de certains actifs de Marelli
Le constructeur franco-italo-américain lorgnerait les systèmes de suspension de l’équipementier, tandis que son homologue nippon convoiterait les pièces d'habitacle. -
Emmanuel Maillet (April) : "L’assurance emprunteur devient un levier de croissance pour les CGP"
La résiliation à tout moment a profondément transformé le marché de l’assurance emprunteur. Porté par l’essor de la substitution et l’arrivée de nouveaux réseaux de distribution, le secteur connaît une profonde recomposition. Emmanuel Maillet, directeur général délégué en charge des activités santé, prévoyance, emprunteur et épargne chez April, décrypte les mutations à l’œuvre et les nouvelles opportunités qui en découlent. -
OpenAI pourrait reporter son introduction en Bourse à 2027
Le créateur de ChatGPT préfèrerait patienter plutôt que de se coter à une valorisation inférieure à 1.000 milliards de dollars. L'un de ses actionnaires, Softbank, en fait les frais en Bourse. -
La demande intérieure et les services, deux atouts pour l'économie indienne
Touchée par la flambée des prix de l’énergie, l’Inde s’adapte et continue de se transformer. Depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014, le pays a mené des réformes importantes et veut gagner sa place parmi les grands de ce monde. -
Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
Pour les grandes entreprises françaises, les promesses du marché indien n'ont plus rien de théorique. Mais l'hypercroissance impose de relever nombre de défis. -
La facture électronique ne mobilise pas encore toutes les troupes
L’enquête de Spendesk pointe un paradoxe entre confiance face à la réforme et niveau réel de préparation de la part des directeurs financiers.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
Contenu de nos partenaires
-
Canicule : Solidays annulé, la Marche des fiertés reportée sur demande du préfet de police
Face à des températures frôlant les 40 degrés à Paris ce week-end, le préfet de police Patrice Faure a contraint les organisateurs de Solidays et de la Marche des fiertés à annuler ou reporter leurs événements, sous peine d'interdiction par arrêté -
Seine colère« Emmanuel Grégoire se trouva fort dépourvu quand la canicule fut venue »
On assiste depuis une semaine à un naufrage dans les écoles parisiennes. Elles n’ont pu garder les enfants l’après-midi parce qu’il faisait 35 degrés dans les salles de classe, parfois davantage. Certes, beaucoup d’établissements scolaires en France connaissent pareille déconvenue durant cette canicule. Mais on n’imaginait pas qu’à Paris, après 25 ans de gestion socialo-écologiste, nous en serions à ce degré d’imprévoyance, d’impréparation et d’improvisation. -
Finances royales : au Royaume-Uni, Charles III mise sur la transparence et révèle un impôt record
Premier monarque britannique à dévoiler publiquement sa contribution fiscale, Charles III a révélé avoir acquitté plus de 30 millions de livres d'impôts depuis son accession au trône en septembre 2022, soit environ 35 millions d'euros