Le gouvernement britannique présente un dernier budget très politique

Il devrait notamment être marqué par une hausse des prévisions de croissance qui permettra de dégager des marges de manœuvre budgétaires.
Patrick Aussannaire

Le chancelier de l’Echiquier britannique Georges Osborne présentera mercredi le dernier budget du gouvernement actuel avant les élections qui auront lieu le 7 mai. Il aura ainsi «plus à faire avec la politique qu’avec l’économie», selon SG CIB, mais comprendra néanmoins les dernières prévisions du Bureau budgétaire de responsabilité britannique (OBR).

Or, l’OBR tablait en automne sur un prix moyen du baril de pétrole de 83 dollars, alors que le cours moyen du Brent a chuté à 55 dollars depuis le début de l’année. Un décalage qui devrait lui permettre de réviser à la hausse ses prévisions de croissance du PIB britannique de 2,4% actuellement pour rallier celles du consensus, de 2,7% pour l’année 2015-2016, mais d’abaisser ses prévisions d’inflation de 1,2% à 0,5%, selon UBS.

Cette révision devrait ainsi donner 10 milliards de livres de marges de manœuvre budgétaires supplémentaires sur l’année fiscale débutant début en avril, selon BNP Paribas. L’accélération de la croissance à 2,6 % en 2014 après 1,7 % en 2013, a déjà permis à l’Etat de dégager un excédent budgétaire record depuis 2008 de 8,8 milliards sur le mois de janvier crucial en termes de levée d’impôts. Depuis début avril 2014, le secteur public a emprunté 6 milliards de moins qu’un an plus tôt, avec un déficit qui devrait revenir à 3,7% du PIB sur 2015-2016, après -4,7% l’année précédente, selon Natixis. Le gouvernement actuel a néanmoins pour objectif de revenir à un excédent de 1% du PIB en 2019-2020, soit un durcissement budgétaire supplémentaire équivalent à 5,3% du PIB sur la période, selon HSBC.

Concernant les besoins de financements 2015-2016, «la hausse des remboursements de Gilts et l’ajustement bien plus modeste des besoins de financement nets (globalement le montant surfinancé lors du précédent exercice comptable) compensent largement la baisse des besoins de financement net du gouvernement central», estime SG CIB qui table sur une augmentation des exigences de financement nets à 157,5 milliards de livres, après 134,4 milliards visés l’année précédente.

Sur les émissions de dette estimées à 152,5 milliards, les titres à moyen et long terme atteindraient 71,5 milliards et les obligations indexées 37 milliards. Le Trésor a adjugé la semaine dernière 1,5 milliard d’obligations de maturité 2068 à un rendement de seulement 2,623%.

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