Le gouvernement britannique impose cinq ans de cure d’austérité

Le ministre des Finances a annoncé un plan de restriction budgétaire de 81 milliards de livres d’ici à 2015. 490.000 emplois publics seront supprimés
Laure Closier

Fidèle à ce qu’il avait globalement annoncé en juin, le ministre des Finances George Osborne a dévoilé hier un plan d’austérité de 81 milliards de livres (92 milliards d’euros) sur cinq ans. L’effort demandé à la population est le plus lourd de la zone euro et plus important que sous l’ère Thatcher.

La mesure la plus spectaculaire annoncée par le gouvernement concerne 490.000 suppressions d’emplois publics sur les six millions de fonctionnaires. Des coupes drastiques sont, de plus, prévues dans tous les secteurs notamment sur les dépenses sociales. Sept milliards de livres d’économies supplémentaires viennent ainsi s’ajouter aux 11 milliards déjà annoncés sur les prestations sociales. L'âge de la retraite sera par ailleurs augmenté à 66 ans d’ici à 2020, soit quatre ans plus tôt que prévu. Le gouvernement espère ainsi réaliser une économie de 5 milliards de livres. Pour faire passer la pilule, le budget de la reine diminuera lui aussi de 14% sur quatre ans. Conformément aux promesses électorales, la santé sera épargnée.

«Aujourd’hui est le jour où la Grande-Bretagne s'éloigne du bord du précipice, et où nous regardons l’addition d’une décennie d’endettement», a justifié le ministre des Finances après des semaines de tractations au sein de sa coalition. L’objectif des coupes budgétaires, couplées à 30 milliards de livres de hausses d’impôts, est de faire passer le déficit public de 11% du PIB en 2010, à 2,1% en 2014-2015. Face à l’ampleur du plan d’austérité, les économistes restent partagés entre ceux qui considèrent qu’une action draconienne est nécessaire et ceux qui craignent qu’elle ne ramène le pays dans la récession. Tous cependant, prédisent un ralentissement de la croissance britannique.

Plusieurs insistent par ailleurs sur le fait que le plan d’austérité est presque déjà «digéré»par les Britanniques. «La revue du budget se passe relativement sans encombre», constate Simon Hayes, économiste chez Barclays Capital. «En annonçant des réductions de l’ordre de 19% en moyenne des budgets ministériels, contre 20% pour les plans du gouvernement précédent, le chancelier espère que les coupes apparaîtront plus acceptables qu’anticipé», explique-t-il. George Buckey, économiste chez Deutsche Bank souligne de son côté que «les marchés devraient être raisonnablement contents» des mesures. Fitch a salué ces annonces, compatibles selon l’agence avec le maintien de la note AAA du pays.

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