Le G20 se contente de vagues orientations pour résorber les déséquilibres mondiaux
Le G20 a opté pour des lignes de conduites communes pour éviter que la conjoncture actuelle –marquée par les déséquilibres économiques mondiaux, le risque de protectionnisme et la «guerre des changes»– ne se détériore.
Afin de réduire les déséquilibres des balances des comptes courants et les maintenir à des niveaux supportables, la coopération multilatérale via le Mutual Assessment Process (MAP) sera renforcée par la création d’indicateurs permettant d’identifier en temps opportun les larges déséquilibres qui nécessiteront des actions préventives et correctives. Avec l’aide technique du FMI, les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G20, qui auront la charge de ces indicateurs, devront être capables d’évaluer la nature et les causes des entraves à l’ajustement des déséquilibres, en tenant compte des circonstances régionales ou nationales, selon les situations. Ils feront une évaluation des progrès faits en la matière au premier semestre 2011.
Les pays du G20 s’engagent aussi à évoluer vers des taux de change davantage déterminés par le marché, à développer la flexibilité des devises pour mieux refléter les fondamentaux économiques et à s’abstenir de toute dévaluation compétitive. Ils appellent à la vigilance en cas d’excès de volatilité des devises et de mouvements désordonnés des changes.
Le communiqué a été fraîchement accueilli par les opérateurs. «Le fait que les autorités aient encore repoussé le problème suggère que les dynamiques de marché vont perdurer, estime Robert Lynch, stratégiste change chez HSBC. Cela signifie une résistance à l’appréciation de leurs devises de la part des pays émergents à régime de change rigide, tandis que le gros de l’ajustement sera subi par les économies développées et émergentes les plus flexibles.»
Concession à des pays comme le Brésil, le G20 a jugé légitime que des pays à la devise jugée surévaluée mettent en place des mesures pour freiner l’afflux de capitaux. A peine le communiqué sorti, la thématique du contrôle des flux de capitaux par les pays émergents a été remise au goût du jour avec des rumeurs d’intervention de la Banque centrale d’Indonésie sur le change visant à affaiblir la roupie qui s’est fortement appréciée en 2010 et pénalise les exportateurs indonésiens.
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