Le G20 Finance s’attaque à la question sensible des déséquilibres des comptes courants
Les appels répétés et bruyants en faveur d’une réévaluation du yuan ayant rencontré un écho relatif, les Etats-Unis ont choisi ce biais du déséquilibres des comptes courants - une composante des taux de change - pour élargir le débat. Pour Washington, de nouvelles stratégies de croissance doivent émerger, moins dépendantes des exportations et davantage tournées vers un renforcement de la demande domestique. Une orientation que la Chine a récemment indiqué vouloir suivre.
Pour le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, «la chose la plus importante à laquelle nous sommes parvenus est l’accord sur un cadre visant à réfréner à l’avenir les déséquilibres commerciaux». De fait, le communiqué du G20 Finance souligne cette nécessité de maintenir les balances commerciales à des «niveaux durables», à charge pour le Fonds monétaire international d’y veiller selon des lignes directrices indicatives encore à définir et compte tenu des «circonstances nationales ou régionales».
Ce consensus sans objectif chiffré laisse un goût d’inachevé. La proposition américaine de limiter le déséquilibre des comptes courants des Etats à 4% du PIB n’a pas su emporter l’adhésion. «La plupart des pays voient leurs déséquilibres soit rester sous les 4% soit tomber à 4% à moyen terme. Et pour cette raison, je pense que cela a des chances d'émerger comme la référence fondamentale vers laquelle se tournent les pays», persistait Timothy Geithner après la réunion.
Si le Canada et la Corée du Sud ont défendu une telle politique, le Japon et l’Allemagne en ont été les principaux pourfendeurs. Pour Thomas Stolper, stratégiste devises chez Goldman Sachs, «le langage n’est pas assez strict pour imposer quoi que ce soit à qui que ce soit». Berlin n’a pas caché son agacement, s’en prenant pour sa part à la politique monétaire américaine. «La création permanente et excessive de monnaie représente, à mes yeux, une manipulation indirecte du taux de change», a martelé Rainer Bruederle, le ministre allemand de l’Economie.
Si le G20 Finance laisse de nombreuses zones d’ombre, il a en revanche abordé avec autorité la question de la réforme de la gouvernance du FMI. Plus de 6% des droits de vote au FMI seront réaffectés à des pays émergents, tandis que l’Europe leur cèdera deux sièges sur les vingt-quatre que compte le conseil d’administration. «Les Etats-Unis arguent désormais du fait qu’avec une plus grande représentation vient une plus grande responsabilité. Ainsi, les nations émergentes devraient permettre à leurs monnaies de se négocier plus librement», souligne Chris Turner chez ING. Le stratégiste s’attend à ce que ces développements nourrissent l’appétit pour le risque des investisseurs.
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