Le G20 Finance n’a pas réussi à enrayer le repli du dollar
Le G20 Finance s’est un peu plus saisi de la question des changes que lors des réunions précédentes. «La déclaration contient le message le plus important sur les changes depuis la réunion du G7 de 2003, à Dubaï», rappelle Chris Turner, responsable de la stratégie change chez ING. Autre signe positif, des pays tels que la Chine, la Corée du Sud, l’Inde et l’Indonésie ont signé une déclaration dans laquelle ils reconnaissant que les taux de change doivent être davantage déterminés par le marché.
Le G20 Finance ayant par ailleurs appelé à plus de responsabilité les pays dont la devise fait office de monnaie de réserve, il constitue un accord donnant-donnant entre les Etats-Unis et l’Asie émergente, d’après Barclays Capital. Les premiers s’engagent à se montrer plus raisonnables sur le plan de l’assouplissement quantitatif afin de réduire la pression sur le dollar. Les pays émergents acceptent quant à eux de laisser leurs devises s’apprécier un peu plus.
Cependant, en l’absence d’engagement précis sur la mise en œuvre, les bénéfices de la réunion risquent d’être limités. C’est d’autant plus vrai qu’aucun pays n’est cité explicitement. Par ailleurs, le G20 demande seulement que les pays s’abstiennent de procéder à des dévaluations compétitives alors que le terme de «sous-évaluation compétitive» aurait permis d’envoyer un message plus direct aux pays d’Asie émergente, observe Todd Elmer, stratégiste chez Citi. Certaines dispositions sont en outre contradictoires. Comme le G20 soutient «les politiques monétaires qui permettent une stabilité des prix», la reprise du quantitative easing par la Fed est compatible avec le communiqué. Pourtant elle risque d’augmenter la volatilité des changes, ce que les Etats-Unis sont supposés éviter puisque le dollar fait office de monnaie de réserve.
Au bout du compte, cette réunion du G20 «réduit le risque de guerres commerciales», pour Paul Mortimer-Lee, économiste de marché chez BNP Paribas. Toutefois, le G20 n’a pas encore eu les effets escomptés sur le marché des changes. Le dollar/yen a atteint hier son plus bas niveau depuis quinze ans, à 80,41. Plus largement, le billet vert s’est déprécié hier face aux seize principales devises dans le monde. Pour les économistes, il baissera encore au moins jusqu’à la réunion de la Fed le 3 novembre, à l’issue de laquelle elle pourrait annoncer une deuxième phase d’assouplissement quantitatif.
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