Le G20 choisit une prudente neutralité sur les politiques monétaires
Les ministres des Finances et les banquiers centraux des Etats membres du G20, réunis du 4 au 6 septembre à Ankara en Turquie, ont choisi de ne pas exercer de pression sur la Réserve fédérale américaine (Fed), dont la prochaine réunion de son comité monétaire des 16 et 17 septembre tient le monde en haleine.
Alors qu’une hausse de son taux directeur paraissait à l’orée de l’été plus que probable, les soubresauts de la Chine et certains chiffres macro-économiques peu satisfaisants aux Etats-Unis font craindre à certains les conséquences d’un resserrement. Les pays émergents, en particulier, craignent qu’il ne provoque une fuite des capitaux au profit du dollar.
Le G20 est resté prudent. «Nous notons que l’amélioration des perspectives économiques rend plus probable le resserrement de la politique monétaire dans certains économies avancées», indique le communiqué final. Seule la directrice générale du FMI Christine Lagarde a invité la Fed à ne pas se précipiter.
La Chine, autre grand sujet de conversation, n’a pas davantage souhaité être cité dans le communiqué final, alors que certains craignent que ses difficultés actuelles ne la poussent à intervenir sur le yuan. Les pays du G20 se sont engagés à «s’abstenir de toute dévaluation compétitive».
Concernant la réforme de la réglementation financière mondiale, le G20 devait être l’occasion d’avancer sur le calibrage du nouveau ratio de sécurité du TLAC (Total Loss Absorption Capacity), qui doit permettre aux banques en difficulté d’absorber leurs pertes et d’éviter aux contribuables de subir les conséquences du renflouement. Le TLAC doit s’appliquer à partir de 2019 aux 30 principales banques du monde, mais son mécanisme oppose notamment régulateurs américain et européens (qui craignent pour le financement de l’économie). Or, la réunion n’a pas débouché sur une avancée particulière.
Vendredi dernier, en préambule à la réunion, le Conseil de stabilité financière (FSB) du G20 avait pourtant proposé un plan en deux étapes, espérant concilier les deux approches: un ratio fixé à 16% des actifs pondérés des risques en 2019, puis à 20% à partir de 2022. Saluant notamment les travaux du FSB, les participants au G20 ont réaffirmé «leur volonté de mettre un point final cette année aux éléments essentiels de la réforme financière mondiale» et ont programmé la mise au point définitive du TLAC pour le prochain sommet du G20, programmé les 15 et 16 novembre à Antalya, toujours en Turquie.
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