Le G10 demeure optimiste sur les perspectives de croissance mondiale

Selon Jean-Claude Trichet, porte-parole du groupe des Dix, celle-ci devrait rester robuste cette année grâce aux pays émergents
Tân Le Quang

Le bilan des injections de liquidités en décembre de cinq grandes banques centrales sur le marché monétaire est un succès. C’est ce qui est ressorti hier de la réunion bimestrielle du G10 au siège de la Banque des règlements internationaux à Bâle. De fait, les représentants du groupe des Dix ont jugé l’action concertée visant à apaiser les tensions sur les marchés monétaires « très satisfaisante ». Le président de la Banque centrale européenne (BCE) et du G10, Jean-Claude Trichet, a déclaré que les banques centrales impliquées dans cette action, à savoir, celles de la zone euro, des Etats-Unis, de la Suisse, de la Grande-Bretagne et du Canada, continueront « d'être en contact très étroit » au sujet de l'évolution de la liquidité dans le circuit bancaire.

En dépit des turbulences financières et des risques qu’elles peuvent représenter en termes de ralentissement économique, le porte-parole du G10 s’est même voulu rassurant sur la croissance mondiale qu’il voit « rester assez robuste cette année ». Une conviction s’expliquant par le soutien des pays émergents, qui ont fait preuve d’une « dynamique, très, très impressionnante ». Selon Jean-Claude Trichet, la crise des crédits immobiliers à risques en provenance des Etats-Unis et qui a contaminé les pays industrialisés, a épargné les économies émergentes. Même s’il évoque un « léger ralentissement » de la croissance mondiale, il attend toujours de connaître « les conséquences de la correction des marchés financiers sur les économies industrialisées » qui demeurent « une question ouverte ».

Pour autant, la croissance mondiale risque d’être affectée par le renchérissement du prix des matières premières et des aliments, ces tensions inflationnistes représentant « un risque ». Le patron de la BCE, qui a affirmé samedi qu’il était prêt à intervenir pour contrer l’inflation, a averti hier des effets de second tour que fait peser l’inflation sur le reste de l'économie au travers des hausses de salaires. « Il ne doit pas y avoir de complaisance face à l’inflation et la correction des marchés », a-t-il ajouté. L’inflation en zone euro s’est élevée à 3,1 % en novembre et en décembre. Le banquier central ne devrait d’ailleurs pas manquer une fois de plus de souligner avec force le risque d’une montée de l’inflation ce jeudi lors de sa conférence de presse qui suivra le comité de politique monétaire de la BCE.

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