Le FRR adapte sa stratégie de placement à ses nouvelles contraintes

Adossé à la Cades, le Fonds de réserve a annulé un appel d’offres sur la dette internationale pour se centrer sur les OAT
Alexandre Garabedian

Changement d’optique pour le Fonds de réserve pour les retraites (FRR), désormais adossé à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades). Le conseil de surveillance de l’institution vient d’adopter les nouvelles lignes directrices de sa stratégie de placement, qui devraient être dévoilées dans les prochaines semaines. Le FRR commence d’ores et déjà à en tirer les leçons pratiques, au bénéfice de la dette française.

«La loi de réforme des retraites prévoit que le FRR verse chaque année à la Cades 2,1 milliards d’euros entre 2011 et 2024, explique Philippe Aurain, le directeur financier du Fonds de réserve. Ce passif sera couvert grâce aux flux issus de nos investissements dans des produits de taux, avec une large part d’obligations d’Etat françaises».

Le Fonds a ainsi annulé en décembre dernier un appel d’offres pour un mandat de gestion sur obligations souveraines internationales, déjà suspendu en juin après l’annonce du projet de réforme des retraites. En lieu et place, il a lancé le 17 décembre un appel d’offres sur deux lots, qui devraient chacun être divisés en cinq mandats de gestion passive de cinq ans. Le premier lot, d’environ 12 milliards d’euros, devra être investi en OAT. Le second, d’environ 6 milliards, concernera les obligations de pays développés notés en catégorie investissement. L’appel d’offres est ouvert jusqu’au 31 janvier. A l’issue des cinq ans, au fil des décaissements, la taille des actifs pourrait être ramenée à 6 et 3 milliards respectivement.

Certains gérants soupçonnent aussi le FRR, comme d’autres institutionnels, de vouloir se recentrer sur la dette souveraine domestique dans le sillage de la crise des Etats périphériques en zone euro. «L’OAT est l’actif le plus représentatif de notre passif, dément Philippe Aurain. S’agissant de la dette des Etats périphériques, sa part dans nos actifs est faible et n’a pas vocation à augmenter».

Le portefeuille du FRR, de 35,7 milliards à fin septembre, devrait continuer à être alloué à environ 60% en taux et à 40% en actifs «de performance». Si le Fonds se refuse à en dire davantage, cette deuxième poche sera gérée à l’avenir de manière plus diversifiée et flexible. Jusqu’à présent gros pourvoyeur de mandats, le FRR devrait ainsi accroître les montants investis à travers des fonds ouverts, et se renforcer par exemple en actions émergentes, selon plusieurs sources.

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